3i 6 Relations.
un Homme à l’agonie; sa Femme avoit unetristesse peinte sur le visage, qui marquoitqu’elle n’enduroit que parl’esprit; le mouranttémoignoit de la douleur en corps & en ame.Dans les yeux, & fur le front de dix autrespersonnes, la mélancolie étoit si bien diver-sifiée, qu’onpouvoit distinguer une douleurde Cousin Germain d’avec une autre d’un pa-rent plus éloigné. Une nourrice au pied dulit tenoit un petit enfant une pomme à la mainqui rioit; ce qui relevoit merveilleusementles larmes des autres. On appercevoit mêmeune maniéré de douleur dissimulée fur le vi-sage d’une Servante, qui se contraignoit der-rière une porte à faire la triste, quoi qu’elleeût une fecrette joie dans l’ame , de ce qu’unNotaire lui faifoit signe qu’elle étoit fur leTestament. Comme je m’etonnai de ce iju’ily avoit de si bons Peintres en Espagne, l’onme dit que tout cela étoit de deux Italiens,Jiannibal Carracbe & Raphaël d’Urbijt. Adeux heures nous pensions monter à chevalpour retourner à Saint Jean de Lus, on nousdit que Dom Louis de Haro n’avoit pas encoreachevé de dîner, nous voulumes voir cela:véritablement si les Reposoirs de Saint-Sébasitien nous avoient paru des buffets de Village,ce lieu nous parut un Repofoir de Ville Ca-pitale. 11 y avoit lans hyperbole vingt-quatrebassins. Que de soucoupes, que de couverts !
Le Dimanche sixième Juin, le Roi d’Efpa-
f ne arriva une demi-heure avant le Roi derance. Celui-ci salua le Roi d’Efpagne &Plissante; mais il ne la baisa point ; ce quisembla étrange, puisqu’elle étoit sa Femme,Les Rois, après quelques complimens, jurè-rent la Paix, & la signèrent, ils avoient cha-cun leur Livre d’Evangila, leur Table, leut
Ecritoire :