sur t’A bsence. 4^1
V... Alors je donne un coup d’éperon, & lelaisse là. II vint dîner à la même Hôtellerieoù j’étois déja arrivé ; je ne voulus point lerevoir. J’avois bien affaire de fa converíàtion,quelque agréable qu’elle fût, puisqu’il neparloit point de vous. J’ai été plus heureuxa ma Campagne. J’ai trouvé dans ces Désertséloignez le Baron de... que vous connoissezun peu. Je lui ai fait croire qu’il étoit amou-reux de vous, pour avoir occasion de lui enparler souvent. Je lui porte votre santé avecun souris fin & malicieux, & il la reqoit demême. J’avoue que j’achéte un peu cher leplaisir de parler de vous. Tout le mérite decet homme-là confisse à se connoître en Bêtes.11 n’a dans Teíprit que ses Chiens & ses Che-vaux , & je vous assure que j’ai souvent peineà lui faire quitter cette matiére-là, pour lemettre sur votre chapitre. Aussi, je ne luidemande presque pas de réponse ; ij me suffitqu’il m’écoute, & au fond le Baron vaut en-core mieux qu’un Echo, ou un Antre sourd.Quand je ne l’ai point, j’ai de grandes Alléessombres, qui font extrêmement dangereusespour un Amant; elles inspirent des rêveries
Î iernicieuses, & c’est une chose mortelle quee souvenir de votre beauté fortifié de ces Al-lées-là. 11 y est encore venu des Rossignols,avec qui assurément vous vous entendez.Vous me les avez envoyez, a fin qu’ils m’en-fonqassent encore la tendresse dans l’ame parleurs Chansons. Ils les chantent fi bien,
3 11 ’il faut qu’ils les ayent apprises de vous.e fuis d’une foiblesse étrange ; je n’oferoisplus entendre un Ruisseau qui gazouille, quecela ne m’aille au cœur. Quelquefois dansmes promenades, en m’entretenant avec vo-tre idée, je la tutaie, & je dis, Qttaml te
reverraù