474 Anecdotes
On les appelloit Boucaniers , parcs qu’à'la maniéré des Sauvages ils préparoientà la fumée, dans des lieux appelles Fon-cans , les viandes qu’ils vouloient conser-ver pour fe secourir réciproquement. Toutétoit commun entr’eux, & le survivanthéritoit du défunt sans contestation.
On ne connoissoit point le larcin en-tr’eux , quoique tout fût ouvert dans leshabitations. Chacun alloit prendre chezson voisin ce qui lui manquoit, en l’enprévenant s’il étoit chez lui , ou en l’enavertissant au retour. Les différends étoientrares parmi eux , & fe terminoient faci-lement. Si les parties ne s’accordoientpas, le fusil vuidoit le procès. Si des deuxchampions l’un étoit blessé au flanc oupar derriere , on cassoit la tête à l’autre.Ils fe regardoient comme affranchis desloix de la mere patrie , & tous avoientpris des noms de guerre qui ont passé àleur postérité. Une chemise, un caleçon,une ceinture de cuirs, d’où pendoient unsabre court, avec un ou plusieurs couteaux,un chapeau avec un seul bord rabattu par-devant, de gros souliers , étoient tout leurhabillement. Leur ambition étoit d’avoirun fusil qui portât des balles d’une once,& une meute de vingt-cinq à trente chiens.
Leur unique occupation étoit la chasseaux bœufs sauvages , qui s’étoient extrê-