AMERICAINES. 47 smement multipliés à Saint - Domingue ,depuis que les Espagnols y en avoient ap-porté l’espece. On s’assembloit pour ceteffet, & l’on ne quittoit la chasse que lors-que chaque chasseur avoit abattu le sien,On en faisoit cuire quelques morceaux ,qu’on assaisonnoit de piment & de ]usd’oranges : on ne connoissoit ni le pain nile vin. On écorchoit ces bœufs à mesurequ’on les tuoit, & bien souvent le termede la chasse étoit indiqué par le nombre decuirs qu’on avoit à livrer aux vaisseaux quifréquentoient ces parages. Les Engagés ,efpeces d’esclaves qui se vendoient pourtrois ans, portoient ces cuirs aux rades lesplus fréquentées.
. Le peu d’habitants qui restoient à Saint-Domingue , ille fi florissante dès le prin-cipe de la découverte du Nouveau-Monde,se voyant resserrés par ces Boucaniers,aussi audacieux qu’entreprenants, firent ve-nir des troupes du continent voisin pourles exterminer. Elles en surprirent quel-*ques-uns dans leurs courses , ou la nuitdans leurs cabanes ; &£ plusieurs périrentdans ces attaques imprévues. Alors ils serassemblent pour se défendre , ils fondentfur leurs ennemis , & nul d’eux ne péritdont la mort ne fût vengée au centuple.Les Espagnols , désespérant de détruiredes ennemis si féroces à si acharnés , ré’