ÀMERïCAïNES. ;8;» bandonna. Celui qui m’a séduite 5c» ruinée jouit parmi vous des honneurs 5c» du pouvoir , & l’on punit mon mal-» heur par des amendes ou l’infamie ! Je» n’ai point voulu trahir le vœu de lana-» ture. Je n’ai pu , jel’avoue, après avoir» perdu ma virginité , garder le célibat» dans une prostitution secrette & stérile.» J’ai violé, dira-t-on, les préceptes de» la religion : c’està la religion à me pu-» nir. J’ai mérité des feux éternels; pour-» quoi anticiper fur ces peines horribles ?» Si j’avois regardé cette faute contre vos» loix comme un crime, je n’auroispoint» eu la méchanceté de le commettre ;» mais je ne pense point que Dieu , qui a» donné à mes enfants un corps sain» robuste , soit irrité de me les voir pro-» créer. C’est à lui que j’appelle de vos» sentences ; de vous, qui accablez d’op-» probre un sexe que vous corrompez.» Plaignez-le au lieu de l’outrager, 5c ne» changez point en crimes des actions que» la nature a permises , 5c même com-» mandées. »
Ce plaidoyer intéressa les juges ; PollyBaker fut dispensée de l’amende ; l’un deses juges l’époufa : tant est puissant l’afcen-dant de la raison évidemment démontréecontre les préjugés, quelque invétérés qu’ilspuissent être !
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