6 ot Anecdotesacquittant la dette immense dont l’Etatétoit chargé; il imagina un papier-mon-noie , qui pourroit être converti à volontéen actions de la nouvelle compagnie. Cettenouvelle compagnie , concentrant tout lerevenu de l’Etat, avoit de quoi faire faceà ses engagements comme compagnie definance, & se íìattoit, comme compagnie decommerce, d’ouvrir mille nouvelles sourcesde richesse. Pour accréditer ces espéran-ces dans le public, on répandit avec mys-tère que le Miffiíîipi contenoit des minesd’or inépuisables, & que ces mines étoientdécouvertes. Soit que ce fût illusion deleur part, ou qu’ils fussent secrètementengagés à fomenter cette erreur , les gensles plus accrédités & les plus riches del’Etat parurent les plus empressés à adop-ter le Système ; leur exemple entraîna lesautres.
Chacun brigua des concessions dans laLouisiane, qu’on ne connoissoit pas : ceuxqui n’avoient pas le crédit d’y obtenir dela terre, briguoient l’emploi de la cultiver :pendant cinq ans, on y entassa des colonsfans -choix , fans vues ; & chaque débar-quement alloit périr fur celui qui l’avoitprécédé dans les déserts de Biloxi. Lecharme se rompit à la fin ; & ce pays, ob-jet de tant de fausses fpéculaiions , detatìt d’espcrances si cruellement trompées,