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Premiere partie.
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ses Fonctions. Lit. I. iïj

n’avoit pas donné beaucoup de satisfaction de íâ personne, y fust agréable;tetìement'qu’elle différa de luy donner cet employ, jusqu a ce qu’eìíeseeustcomment il seroit receu en France. - On luy fit connoistre, qu’il n’y seroitpas agréable, &\jnly elle n’y songea plus.

Quelques qualités & quelques perfections qu’un Ambassadeur aít,on nepeut répondre du succès de fa negotiation, s’iln’est agréable à la Cour où ilnegotic. Le Prince, qui fait choix d'un Ministre, qu’il fçaia estre désagré-able, veut bien offenser le Prince à qui il í’envoye, ou il doit avoir fait divor-ce avec le sens commun, a’il croit le pouvoir persuader de la sincérité de sesintentions. De l’autre costé celles du Prince, qui pour des considérationsparticulières reçoit un Ministre, qui ne luy peut pas estre agréable, doiventestre d’autant plus suspectes & dangereuses, qu’il ensevelit son juste ressenti-ment dans une profonde dissimulation.

Monsieur de Villeroy, qui estoit un tresadroit & un treshabile Ministre,disoit, queceluy qùi estoit de la part du Roy à Rome, devoir tascher d’em-pefcher qu’on cmployast un Vénitien ou un Florentin à la Nonciature deFrance ; parce qu’on y estoit asies embaraísé des Ambassadeurs de la Ré-publique & duGranduc, fans qu’incommodast encore la Cour de Noncesqui eussent dépendance de l’un ou de l’autre. Mais ce seroit beaucoupentreprendre , que de vouloir donner l'exclusion à tous les sujets de deuxPotentats d’Italie, qui pour estre incommodes à la France n’estoient pas sesennemis.

Je ferayvoircc qui peut déplaire en I’Ambaíîàdeur Sedans l’Arnbasià-de : dont on jugera aisément de ce qui peut rendre I'un .& l’autre agréable.L’Ambastàdeur peut estre désagréable, à cause du Prince qui l’employe, ou àcause de l’afìàirc qu’il a à negotier, ou bien parce qu’il y a quelque chose quidéplaist en fa personne. 11 y a auíly des Ministres, qui estant agréablesd’abord, deviennent désagréables & incommodes en la siiitte de la negotia-tion. Je parlcray icy des uns & des autres, auíly bien quC de la maniéré,dont les Princes ontaccoustumé d’en user avec ceux qui le sont, & avec ceuxqui le deviennent. Pour les premiers, un Prince peut ne point admettre lcMinistre qui ne luy est pas agréable ; parce que lemeíme Droit des Genj,qui ne permet pas qu’on faste violence ou outrage au Ministre qui a esté ad-mis & reconnu, permet aux Princes de ne point admettre un Ministre, dontils puissent recevoir du déplaisir.

J’cn donneray icy des exemples. Le Pape Clement VIIÏ. avoit dçl’amitié pour le Dttc de Nevers , & de l’estimc pour le iSMarejuis de Pifani ;mais il fit déclarer à .l’un, qu'il ne le rcconnoistroi» point cn qualité d’Am-

D d 3 basladeur,