Band 
Premiere partie.
JPEG-Download
 

ses Fcnctïqns.' ElV. r. JJj

en avoit bien fait autant à d’autrcs, qui à son advis, ne le valoient pas. xEn l’an 1515. cJMeJfieurs de Piïsdòme & de Cjuise, i'Evesquede Lavaur, &:quelques autres Seigneurs , des premiers de la Cour de France, se servantde l’occasion du voyage, que le Roy François I. fit en ce temps là à Bo-logne, pour.s’abouchcr avecle Pape Léon X. eurent la curiosité d’aller voirla .ville de Venise. Sur l’advis que l'on en donna au Sénat, le Doge fut enpersonne, le Bucentaure > audcvánt d’eux ; quoy qu’en ce temps là ce vais.seau ne pust estre tiré à la rame, comme il l est aujourdhuy ; mais on estoit :obligé de le remorquer. On tes logea dans les plus beaux palais de la vil-le, on leur fit des festins continuels, & on leur fi» d’ailleurs dant d’hon-neur & civilité , qu'ils en partirent fort satisfaits. II y a apparentce , que le Doge n’y feroít pas allé en personne , íàns le Ducde Vendômeá qui il voulut bien faire cet honneur » comme àun Prince du sang de France : qualité qui est si fort respectée âVenise, qu'on les traitte d’égal avec les Princes Souverains, avec lesInfants d’Eípague & avec les Cardinaux, à qui le Doge fait l’honneurd’ostcr son bonnet Ducal , lors qu’ils ont audiance dans le Sénat, ou»au College. Je ne mettray pas icy les particularités de la réception , quela République fut au Ro>y Henry III. lors qu’il passa à Venise à son retourde Pologne, en l’an 1574. Je diray seulement que ce Prince, qui estoit ex-trêmement sensible-á toutes sortes de plaisirs , ne parloit jamais du sé-jour qu’il y avqit fait, qu’il ne lc nommast un enchantement continuel.

En l'an l’Empereur Charles V. & le Roy François I. voulant fairecroire, qu’ils alloient avoir leurs interests communs , & joindre leurs ar-mes , pour faire la guerre , au Turc envoyerent ensemble à Venise, :l’un Don <tsîlfonfe Davalos, Marquis du Guast , Gouverneur de Milan,

& l’autre l’tsidmiral rinncbault , Gouverneur de Picdmons,' qui y arri-vèrent li 10. Dcccmbre de la' mesine anné. Le Sénat envoya audevantd’eux un nombre extraordinaire de Sénateurs , le Bucentaure , sept ga-lères, & un nombre infiny de gondoles. Ils furent logés dans un pa-lais superbement meublé, & défrayés aux dépens de la République, Useurent leur premiereandiance dans la grande fille, en plein Sénat , oùils ne firent qu’un compliment. Dans Paudiance secrcte, quilseurentensiiitte au College, les deux Ambassídeurs parièrent l’un aprés l'autre : maison leur fit une réponse si generale, que ces deux Seigneurs , voyantqú’ils avoient à faire à des gens, que les apparences ne font pas ca-pables de surprendre , prirent congé dans la mcíme audiance, & par-tirent, ..

Le

Kr r