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Le Comte de Taudemont, second fils du Duc de Lorraine > s’estant en-gagé au service de la République, alla à Venise en l’an t6oz. On luy fit detresgrandes civilisés en toutes les villes de cet Estât là, mais lés Podestatprenoîent par tout la place d’hormeur fur luy ; parce qu’ils font représen-tants. Quarente Sénateurs estus de leurs robbes d’efcarlattej’allercntrecevoir aux Saffousines. Autant de Sénateurs le conduisirent à l’audiance,où le Doge alla cinq ou ftx pas audevant de luy , & osta son bonnet Ducalen le saluant. II n’estoit point Prince Souverain , ny mesines l’aisiié d’unSouverain, & neantmoiris le Doge luy fit un honneur, qu’il ne fait point,aux Ambassadeurs, qui font receus & accompagnés àl’audianccde soixan-te Sénateurs.
La République avoit en la meíìne année 160;. fait un traîné fort á-vantageux avec les Trois Ligues Grises , qui envoyèrent sept Ambassadeursà Venise, pour en voir jurer l’obfcrvation, Ils avoientune fuitte de centcinquante personnes, & on leur fit par tout de si grands honneurs, qu’à lareferve de ceux qu'o n avoit faits au Roy Henry III. dont je viens de parler,on peut dire, qu’on n’avoit jamais receu Ministres avec tant de magnifi-cence. Toutes les villes mirent de la Cavallerie & de l’Infanterie en cam-pagne , pour aller audevant d’eux, & on les défrayois partout : mefrnesà Venise, où leur dépense montoit à quatre cens efeus par jour. Mais avectout cela on ne les fit recevoir que par quarente gentilshommes, au lieuque les Ambassadeurs le sont par soixante, & on ne prit point ces gentils-hommes dans le Pregadi, qui est composé de Sénateurs, qui ont eu lesprin-ícipales charges, comms l’on a aceoustume de faire ; mais parmy les moin-dres Mgistrats. A Venise onestfort scrupuleux à ne rien innoíìer ; mais ilarrive tous les jours des rencontres, on l’on ne peut pas demeurer dans lestermes d’un reglement général.
Cette République ne fait point de réception aux Ministres du secondordre, & c’est ce qui fe pratique par tout ailleurs ; de forte que cet hon-neur n’estant deuqu’au ícul caractère d’Ambassadeur, il ne fe peut qu’onne soit surpris de celuy que l’on y fit au Cardinal Dossit en l’an 1598. IIn’estoit encore qu’Evcsque de Baycux , & faifoit les affaires de France àRome, fans qualité, ai n fy que je viens dc faire remarquer en cette messme Section. Le Roy Henry IV. luy commanda d’aller à Venise, & defaire part au Sénat dc la paix qu’il venoit de conclurre avec le Roy d’E-spagne, & avec le Duc de Savoye à Vervins. Il arriva à Venise en Mi-nistre du second ordre ; mais dés qu’il est fait íçavoir, qu’il y estoit de lapart du Roy, & qu’il avoit des lettres pour le Sénat, on luy. envo-ya deux Sages , l'un de Terre ferme , çr íautre des Ordres , qui luy di-rent ,