Band 
Premiere partie.
JPEG-Download
 

$91 L’ Ambassadeur et

Plénipotentiaires de PEuipereur , qui portoit la parole pour tour îcsdeux, luy donnoit la mesme qualité : mais Ics Médiateurs demeurèrentfermes. Servien ne disoít pas tout, ïl n’çstoít pas vc,ay,qive IejçcondPlé-nipotentiaire deí'Empereur eust donné le tiltre d’A liesse au Dac dé *Lon-gueville, lors qu’il avoit aufly parlé pour le Comte de Nassau, & il avoiresté dcsadvoiié à Vienne des ávanccs qu’il avoit faites en son particulier.J-e Secretaire de l’Ambassade de France s’appelloit 'Boulanger ,& avoit ungenie admirable pour cette fonction, accompagné d’une probité, quiluy avoit acquis l’estime de tous les bonnettes gens. C’estóit celuy detous les François, pour lequel le Nonce avoit quelque affection, & il con-tinua de luy en donner des marques aprés fa promotion, de fo;te que bou-langer, se promettant un grand avantage de l’exaltation de Fabio, il déli-béra de l’aller trouver à Rome ; mais le Pape Alexandre VII. luy témoi-gna bientost, qu’en fa nouvelle dignité il n’estoit pas meilleur François,qu’il l’avoit esté en fa Nonciature , & que Pávcrsion que le Pape avoitpour toute la nation, s’estendoit jusques à fa personne r ce qui le fit de-meurer en France,

On pourrolt demanderîcy, file Roy Trescbrestien, qui a un plusgrand pouvoir dans son Royaume, que l’Empereur n’en a dans PEmpire,n’a pas la mefine faculté que luy de faire des Princes. Mais e’est dont iln'est pas question. Ce n’estoit pas Pintention du Roy de faire le Duc deLongucville Prince, en luy faisant donner le tiltre d’ÁJtcssc ; mais feule-ment de déclarer, que puis que le Duc estoit Souverain deNeufchastel,onne luy pouvoit pas refuser le tiltre d’Altesse. De mefine, le Roy , cn or-donnant à son Ambaffadeurde donner le mcTmc tiltre au Prince cPOHmgc,ne le déclara point Prince , & n’erigea póint Orange cn Principauté onen Souveraineté ; mais il jugeoit, que le Prince estant Souverain , il faFsoit luy donner le tiltre d’Altesse. 11 est vray que cette déclaration ne peutpas mettre les autres Souverains dans la nécessité de suivre son exemple;mais on ne peut nier aufly, qu’aprés que le Premier Roy de la Chrcstientea bien voulu faire cet honneur à un Prince, les autres Rois ne peuvent leluy refuser,& le Prince qui le reçoit, ne doit pas souffrir, que les autres lcluy ravistènt.

J’ay dit cydessus , que les Plénipotentiaires de France offrirent dedonner de C Altesse à PEvesque d’Osnabrug, devant qu’ils eussent ordre detraîner d’Excellence les Plénipotentiaires des Electeurs ,& ils luy donno-ient en effet le tiltre de Grâce on dignité' Principale > pour exprimer cequ’on dit en Alleman Fnrflltche. Gnade ou FFnrde,^ aprés qucM.de Lon-