V' AMBASSADEUR^ ET
au Prince, & s’ii iuy donneroit ie tiltre d’Altesse Royale. Charnu dit-*qu’il feroit tout ce qu’on Iuy demanderoit, mais qu’il entendoit aussy»,qu’on luysist les mcsines honneurs,,que les Princes du Sang de Francefont aux Ambassadeurs. Le Maistre des Cérémonies Iuy dit, que le PrincePalatin estant le Successeur presomtifdc la Couronne, TAmbassadeur n’enpouvoit prétendre d’autres honneurs , que ceux. que le Duc d’Orleans fe-roit à un Ministre de son caractère.. Il y adjousta, que ie Prince estantSuccesseur nomçié, & ayant esté déclaré, tel par acte des Estats, il estoitquelque, chose de plus que le Duc d’Orleans. Chanut repartit, que Mon-sieur estoit fiiis & itéré de Roy , & qu’èn cette qualité il avoir un avantage,,que le Prince Palatin n’avoit point.. Cette difficulté fut cause que Chanutrésolut de nc point visiter le Prince.. Mais dés la premiere ouverture, queChanut. en.sitfaire auPrincemefme, il le trouva tout disposé à lpy ceder lamaifi, la. porte & la. chaise.. II y fut conduit par lfe Maistre des-Ceremonies..Le Prince le receut à. là portière du carosse , & le reconduisit jusques aumcftnelieu. 11 en.fit trop.. A feutrée qu’on.fit à la Reine Christine , lors;qu’elle arriva à Upfal la veille de son Couronnement, Ie carosse de l! Am-bassadeur de Erance céda à.ccluy du Prince Palatin, & au festin,qui se fit a-prés la ccrcmo-nie, l’Ambassadeur estoit assis immédiatement aprés le-Prin-ce, &les. Ambassadeurs de Portugal-Scde Brandebourg furent aussy pláces.devant les autres Princes, Chanut: ne pretendoit autre honneur, que ce-lUy que les Princes du Sang-de France font aux A mbassadeurs,. Il est vray,,qu’en ce temps là les.Princes.du Sang cedoient la main Le le pas aux Am-bassadeurs;. & non feulement à ceux des Testes Couronnées, mais austyicetix des Républiques.. Le Comte de. Brûlon marque en fes Mémoires,,qu’en l’an 1659, le feu Prince de Condéfit cet honneur au Bailly de For-bin, Ambassadeur, de Malthe, & Lionne dit dans une lettre, qui fut inter-ceptée il y a environ.dix. ans,que les Ambassadeurs d’Angleterre Le de Ve-nise refusoient de ceder em lieu tiers à M. lé Prince d’aujourdhuy , ainíyqu’il a esté. dit cydcvant. De sorte queCHanut pouvoit prétendre le mef-me avantage fur le Palatin , qui par. maniéré-de dire, n’estoit Prince duSang que par adoption. En l’an 1 66y. George d’sfubujson de la Fuetl-iade, slrcbevesque d’Embrun , estant Ambassadeur à Madrid ,s’ávifa d'allervisiter Don Jean d’es 4 uftrìche,f rere naturel du Roy, devant que d’àvoirfait-conc.erter les. civilités qu’il en pouvoit prétendre. D..Jean nc Iuy en fitpoint, mais prit chez Iuy la place d’honneur fur ^Ambassadeur : dont omsot si mal edifip'en France, qu’on défendit à l’Ambassadeur de continuai*.-fes visites, si l’autrene Iuy.cedsit la main dans fa Maison , & mesmes on-ue voulut point, souffrir, que T Ambassadeur cedast à Don Jean. en lieu,
tiers..