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Premiere partie.
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ses Fonctions. Liv. I» 403

«ers. Les fils naturels font fort considérés en Espagne* mais ils n’y peu-vent pas tenir le mesme rang que les Princes du Sang tiennent en France,& neantrooins les Ambassadeurs d’Angleterre & de Venise ne leur voulu-rent point céder,& le Marquis de la Fu'ènte, Ambassadeur d’Espagne , necéda point en esset au Duc de Vendosme. La faute de M.d’Embrun estoitdamant plus grande, qu’il fit plus que n’avoitfait l’Ambassadeur de l’Em~pereur, qui ne voulut point visiter Don Jean chez luy, à cause de ces pré-tendons. Depuis quelques années le Roy a désiré , que les Princes duSang en usassent autrement, & qu’ils prifìfent chez eux tous les avantagesfur les Ambassadeurs : mais comme le Princes n’ont point de part aux af-faires de l’ Estat, je ne pense pas que les Ambassadeurs, qui ont fait difficultéde leur ceder en lieu tiers, comme Lionne le remarque, se tuent pour voirM. le Prince chez luy, afin d’y recevoir un affront. C’est une politiqueraffiné de ceux, qui voulant éloigner les Princes du Sang de toutes sortesd’affaires, leur ostent aussy la communication qu’ils pourroient avoir avecles Ministres estrangers.

Les Ducs de Bavière, de Neubourg, de Lorraine , <& tous les Princeset Italie, jusques au r Duc de Parme inclufivement , prennent chez. eux lafnam fur letz/snibaffadeurs de Prance, quoy qu’il y en ait parmy eux qui ladonnent aux Ambassadeurs de l'Empereur Le d’Espagne. Je disbien davan-tage. Les Princes puisoés de la Maison de Savoye la prétendent chez eux,& ils se le sont fait donner en lieu tiers ; ainsy qu’íl sera dit ailleurs. J’ayparle cydcvant de la réception,que le feu Duc de Neubourg fit en l’an i6;z.à Gajpar de Vosbergue, Ambassadeur des Provinces Unies. Pour luy fairela civilité entiere , il voulut-que le Major de la garnison allast recevoirTordre de TAmbassadeur. A l’heure du souper le Duc alla luy mesme Icquérir dans son appartement .• le conduisit dans la Salle, où on avoit servy,&le fit laver en mesme temps : mais le Duc prit la premierc place à fatable. Vosbergue en ayant témoigné quelque mécontentement -, le Ducluy fit dire, qu’il n’avoit jamais donné la premicre place aux Ministres desProvinces Unies. Qu’il avoit traitté en la mesme maniéré le Comte deGrimbergue,que T Infante luy avoit envoyé, & que chez luy il ne ccdoitpoint la main ny aux Ambassadeurs de la Maison d’Austrichc, ny mesmesau Nonce, & qu’il n’y avoit que le seul Ambassadeur d’Espagne, à qui ilfist cet avantage. Qu’on ne luy marqueroit pas une feule rencontre, ouaucun des Electeurs du Rhin Tcust fait ; parce qu’estant voisins de laFrance & de TItalie , ils estoient bien plus punctuels au fait des céré-monies que les Electeurs de Saxe & de Brandebourg. Le Duc deNeubourg avoit raison de se faire rendre chez luy le mesme respect que

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