Band 
Premiere partie.
JPEG-Download
 

s t. s Fonctions. Liv. t. 4V-

encore esté couronne par les mains du Pape; au lieu que Ferdinand n’a-voit que le tiltre tout nud. L’Evcsque de Feltro dít, que les exemples àl’histoire ancienne faisoient voir , que l’Empire pouvoir en mesme tempsavoir deux Empereurs, avec une puissance ou autorité égale. Mais l’Eves-quede Bitonte le releva, & dít, qu’il n’avoit jamais oui dire ny leu,que Char-les & Ferdinand fussent tous deux Empereurs. Les autres Prélats voulu-rent auísy dire leur sentiment, & on alloit pousser la contestation bien loin,íàns l’Evesquc de Lucera,qui dít, que ce n’estoit pas matière de Concile,& que ce n'estoit pas aux Peres à en prendre connoissanee ; mais qu’elle de-voir estre reglée par les Légats. Toute l’assemblée y acquiesça,quoy qued’une maniéré, qu’on reconnut bien que le Concile estoit favorable à laFrance. Les Légats parièrent à cette occasion d’un dccret, qui avoir estéfait bientost aprés- l’ouverture du Concile, portant que ce qui s’y feroit àl’cgard des cérémonies, ne feroit point de préjudice aux parties,& ne feroitpoint tiré à conséquence.

Les Ambassadeurs de France , ayant appris ce qui s’estoit passé encette conférence, déclarèrent aux Légats, que lì on ne leur assignoit uneplace certaine & honnorable parmy les Ambassadeurs des autres Rois,ilspartiroient. Les Légats répondirent, qu’ils dévoient avoir plus ë’égard àk disposition generale du Concile, qui leur estoit avantageuse, qu’á l’em-portement de deux ou trois éventés, qui abuíoient de la liberté de parler,que le lieu leur donnoit. Que depuis que les Ambassadeurs de l’Empereurestoient arrivés à Trente, ceux du Roy des Romains n’avoíent plus paru;parcequeles derniers venus pou voient agir pour Pun A pour i’autre: si bienqu’il n’estoit pas nécessaire de commencer un procès , devant qu’on leureust contesté la çosseífion. Les Ambassadeurs de France ne lè satisfirentpoint de cette repense, A les Légats témoignèrent d’en estre d’autant plusempeíchés, qu’il ny avoit point d’apparence de faire ceder l’une ou l’autredes parties. Ils consideroient austy que le Concile ne pouvoit pas pro-noncer fur une choie, touchant laquelle il n’y avoit ny loy ny coustume,&qui n’estoit point de fa Juridiction. Dont on pouvoit bien juger, quequand mesines les Peres prononceroient fur de bons principes, & fur undroit incontestable,ils ne pourroient pas faire exécuter leur sentence, ny scfaire obéir. II íembloit que le íèul moyen de lever ces difficultés fust , dedisposer les Ambasiàdeurj. de Ferdinand à ne se point trouver aux actionspubliques; parce que u’y ayant point esté,pendant que l’Empereur n’avoitpoint d’Ambassadeur à Trente, ils pouvoient bien s’en abstenir encore,fans qu’on soupçonnais, que ce fust à cause des Ambassadeurs de France.Les Légats apprenendoient encore, que les Ambassadeurs de l’Empereur, qui

R r r z comme