zo6 L' Ambassadeur et
Légats, pour regler en quelque façon le diffèrent, disposèrent le premierde ces deux à s’abfenter des Congrégations, jusques à ce qu’il eust receude nouveaux ordres fur ce sujet, & Cosme se laissa persuader, de comman-der à son Ambassadeur de ne s’y point trouver, lors mesmes que celuy desCantons n’y seroit point. Mais le Duc de Bavière trouva.fi mauvais, queceluy des Cantons ofoit entrer en contestation avec son Ambassadeur, &que le Concile le permist, qu’il commanda à son Ambassadeur de partir deTrente, & il en partit en eiíet. Les Légats le firent asscurer, que son rangluy seroit tousjours conservé dans les Congrégations, & que l’Ambassa*deur des Cantons n’en seroit jamais prié ; mais il ne s’en voulut pointcontenter , à moins qu’on en fist un decret formel : ce que le Concile nejugea pas à propos de faire; de peur d’offenier trop cruellement lesSuifles.Les Légats y procederent avec d’autant plus de circomfpection, qu’ilsavoient receu ordre de Rome de déclarer aux Ambassadeurs, qu’en atten-dant la réponse,qui devoir venir de Bavière & des Cantons, pas un Am-bassadeur 11e jaourroit estre desCongregations^sfil n’y estoit expressémentconvié : que ceux qui ne laisseroient pas d’y aller, cederoient aux conviés,&que ceux qui ne seroient point satisfaits de ce reglement» en usassentainsy qu’ils le trouveroient bon. Les Suisses ordonnèrent à leur Ambas-sadeur de se contenter de l’alternative,si celuy de Bavière y consentoit : maisBaumgartner estoit party lors que cet ordre arriva.
L’Ambassadeur de Bavière disoit bien,que la dignité Electorale estoitdans la Maison de son maistre; mais quand mesmes le Duc auroit esté Ele-cteur, l’Ambassadeur de Venise n’auroit pas laiflé de luy disputer la pré-séance. La contestation,que l’Evesque d’Osnabrug,Ambassadeur du Col-lege Electoral, eut à Munster avec AloysioContarini, fait bien connoistre,que la République est résolue de sc maintenir en la possession, où elle estdans toutes les Cours, de suivre immediatement les Couronnes. L’Eves-que y allégua entre autres raisons , qu’aux nopees de l’Empereur Matthias& d’Anne de Bavière,^ui se firent à Gratz en l an 1600. l’Ambaflâdeur del’Electeur avoit precede celuy de Venise. Contarini, qui n’en estoit pointd’accord,disoit,que. quand cela seroit vray,les Electeurs n’en pouvoientpoint tirer d’ávintagej parce que le Palatin y pouvoit avoir esté considérécomme parent de la mariée. Ces exemples particuliers,où les Princes rè-glent les cérémonies à leur caprice, ne font point de conséquence. Lorsqu’en l’an i6oy. Sigismond, Roy de Pologne,fit le mariage de Demetrius,prétendu Czaar de Moscovie, avec la fille du Palatin de Scndomiríe, il nefit disner à sa table que les mariés, la Reine, la Sœur de la mariée, femmede Sigismond Battory, Prince de Tranfilvanie, & l’Ambassadeur de Mo-scovie.