no L’ Ambassadeur et ^
Pair laïc do France. Qu’il possedoit la Bourgogne, la quelle avoir autrefoisesté Royaume,& avec elle six Duchés quinze Comtés , & plusieurs autresSeigneuries Souveraines,qui luy donnoientrang immediatement aprés lesTestes Couronnées. Philippe estoit en ester un des puissants Princes de laChrestienté,& ce qu’i! possedoit en Bourgogne &en Flandres valoit bienle Royaume de France,devant que Charles VII. yeust reuny la Norman-die Sc la Guyenne , & que Louis XI. y eust joint la Bourgogne & laProvence, & Charles VIII, la Bretagne: mais tous ses Estats ensemble ncluy pouvoient pas donner une dignité , que pas une de ses Provinces n’a-voiten particulier. Les qualités de Prince du Sang Sc de Premier Pair neiepouvoient faire considérer qu’en France, 8c ce n’estoient pas elles, qui luydonnoient la faculté d'envoyer des Ambassadeurs au Concile. Le DuchédeBourgogne n’estant aujourdhuy qu’une bien petite partie de ce qui fai-soit autrefois un a lies grand Royaume fous ce nom, il ne luy pouvoitdon-nerautre rang que celuy de Duc. On ne peut nier, que les Electeurs Sc lesPrinces d’Alïemagne ne doivent estre pour le moins ausly considérablesdans rEmpire,que les Cardinaux le font à Rome ;parcequ’iis font Souve-rains 8c font partie de i’Empire; au lieu que les Cardinaux font sujets duPape,8c ne font que son Conseil:de sorte qu’en cette qualité les Electeursdoiventprecedertous ceux qui ne font point Souverains. Chopin & Chas-sagne ,Jurisconsultes François,disent,que lesPeres du Concile adjugèrentla préséance aux Ambassadeurs du Duc de Bourgogne ; mais la vérité est,qu’aprés unecontestation de plusieurs heures,on donnaà ceuxcy place visavis de celle del’Empereur,au banc destiné pour les Ambassadeurdes Tes-tes Couronnées , & que les Electeurs gardèrent le leur auprès dcl’Empe-reur, comme des membres indivisibles de leur chef. Ausly ne fut ce pas leConcile qui régla le diffèrent 8c le rang entre les Ambassadeurs ; maisse fut seulement par maniéré d’accommodement, & par provision : ain-íy que VEmpereur Sigismond le dit bien expressément dans une lettre,qu’ileserit surce sujet auPeres du Concile.Tellement qu’on peut dire,queles Ambassadeurs du Duc de Bourgogne n’en tirèrent point d’autre avan-tage, que celuy qu’on accorda à l’Ambassadeur d'Espagne à T rente, où »nluy donna place hors de rang, pendant qu’on conservoit á ceux de Fran-ce la place , qu’ils avoient tousjours occupée , immediatement aprésl’Empereur. 11 est vray que cet avantage estoit d’autant plus grand pour lesEspagnols, 8c pour le Duc de Bourgogne , qu'en cas de préséance tl ne sus -fitj>as de conserver son rang.mais il tmporte de le faire garder aujjj à ceuxqiïi-ìloivent suivre,
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