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Premiere partie.
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SES F O N C T I O N S. L I V. I. jll

La contestation,que l’Evesqued’Osnabrug&l’Ambassadeur de Veniseeurent à Munster, fut aisés forte. Les Plénipotentiaires de France déclarè-rent d’abord,que l’Evesque estant Prince de l’Empire,ils ne feroient pointde difficulté de luy rendre lapremiere visite, &de luy donner le tiltrete[[e,8c ceux de l’Empereur entrerentdans les inclines sentiments. Maisl’Ambassadeur de Venise, craignant que ce fust un préjugé contre luy , alladire aux Ministres de France :qu’il voyoit bien, que l’intention du Colle-ge Electoral estoit de déposséder la République du rang, qu’elle tenoit de-puis plusieurs siécles imtnediatement aprés les Couronnes ; dont fa di-gnité & íà réputation receuroient un préjudice,qu’il estoit obligé de préve-nir. Que la préséance estoit deúe à la République, à Cause de son ancien-neté ! à cause de la puissance & de l’enstendue de ses Estais , ayant plus derevenu que tous les Electeurs ensemble,comme ausìy à cause de la liber-té, ne reconnoissant point de supérieur » sinon Dieu seul; au lieu que lesElecteurs ont serment à l’Empereur , & relevent de luy : protestant qu’ilseroit obligé de se retirer, si on ne luy donnoit satisfaction. L’Evesque al-légua pour luy la résolution,que le College Electoral avoit prise sur ce su-jet & la possession 011 les Electeurs font,de preceder tous les autres Prin-ces & Estais, à la reserve des Testes Couronnées. Il difoit,que si les Ele-cteurs cedoientà Venise,les Provinces Unies pretendroient aussy lapre-seance , 8c qu’aprés cela ils auroient la mesene contestation avec les Can-tons Suisses,& avec la République de Gennes. Que si Còntarini vouloit seretirer.ee ne seróient pas les Electeurs qui le chasseroient , mais ce seroitfinjustice de ses prétentions qui en seroit cause. L’Evesque pressoir fortles Plénipotentiaires de France de se déclarer pour les droits des Electeurs;mais ils disoient, que c’estoit une nouveauté , & qu’il en falloit délibérer,sans rien précipiter; bien qu’il asseurast que le Comte de Nassau & Wol-mar avoient ordre de l’Empereur de faire les mesmes honneurs aux Am-bassadeurs des Electeurs qu’à ceux de Venise. Don Diego deSaavedra, alorspremier Plénipotentiaire d’Espagne, dit d’abord,que la demande del’E-vesque n’estoit ny juste ny raisonnable: mais dautant que l’amitié des Ele-cteurs estoit plus nécessaire au Roy , son maistre , que celle de la Ré-publique , 11 résolut bientost de faire les mesmes honneurs à l’Evesque;laissant le diffèrent du rang indécis. Les Ministres de France y consentirentaussy, à condition, que ceux des Electeurs ne feroient pas plus d’honneuraux Plénipotentiaires de l’Empereur qu’à ceux du Roy: faisant connoistre,dans une autre rencontre,que ce qui se faisoit à Munster ne seroit poisse deconséquence hors de là. Il n’y a pas longtemps qu’à Vienne on faisoitplus d’honneur asex Ambassadeurs de Venise & de Florence qu a ceux