Band 
Premiere partie.
JPEG-Download
 

se* Fonctions. Lry. I. 51 j

fans qu’il s’en offensàst. Que luy Chiverny, qui avoít acquis quelque cre-ance auprès de l’Elccteur,le ménagea si bien qu’il l’y fit acquiescer: mais quele Duc ne laislà pas de luy faire civilité, & de luy offrir la place d’honneur,que l’Elccteur refusa. Ce passage est d’autant plus remarquable,que le Roymcsme jugea, que le DucsonFrere devoir cederà l’Elccteur,&que leDucmesme luy offrit la place d’honneur. Que la cérémonie se fit dans le .Ro-yaume mesme, où Monsieur est, sans doute, la deuxième personne, quand iln’y a point deDaulfin, 8c que l’Electeur, qui n’avoit pas bien estudié le cé-rémonial,se laissa aller aux cajoleries de Chiverny, qui parloir pour l’interestde son Maistre. Au reste, je ne sçais pas comment il pourroit soustenir cequ’il y ájouste.que le premier Prince du Sang dcFrance doit preceder tousles autres Princes,à la réserve des Testes Couronnées, mesincs hors du Ro-yaumeiveu quelesPrinces Souverains,& particulièrement les Electeurs,n’ensont point d’accord. Lors qu’en l’an 1640.1’ElecteurPalatin fut à Paris M. leDuc d’Orleans fit difficulté de luy donner la place d^honneur chez luy ;c’estpourquoy cesdeuxPrinces ne se virent point. Le Duc d’Orleans ne se sou-venoit pas tousjours qu’il estoit sujet ; mais le Cardinal de Richelieu eutl’occasionde le luy faire connoistre plus d’une fois.

En l’an 1641. les Estats des Provinces Unies envoyerent en Angle-terre une Ambassade,composée des Seigneurs de Brederode,d’Aarsens &deHemvliet,pour le mariage du Prince Guillaume,fils du Prince d’Orange»Une des premières visites qu’ils firent, fut chez l’Electeur Palatin, quiestoit á Londres en ce temps là. L’Electeur,qui avoir traitté d'égal avecle Prince d’Orange le fils, prit chez luy la main & le pas fur les Ambassa-deurs, fans marchander. Ils luy firent dire,qu’ils pretendoient estre traît-res de la mesme maniéré qu’il traittoit le Prince d’Orange: mais il répon-dit, qu’il estoit en possession de la prestance, & qu’il ne pouvoir rien inno-ver, fans qu’il seeust ('intention du Roy ; mais iljie visita point les Am-bassadeurs. II y a dequoy s’estonner, que Aarssens,qui avoir esté si long-temps Ambassadeur en France,8c qui avoir esté employé à tant d’Ambas-sades en Allemagne 8c en Italie, ne sçavoit point, que les Dues dc Savoye,de Florence & de Mantoiié ne ccdent pas chez eux la place d’honneur auxAmbassadeurs des Testes Couronnées, 8c neantmoins ces Princes n’ontpoint de compétence avec les Electeurs. II semble pourtant , par laréponse, que l’Electeur Palatin fit ,^«’»7 vouloit fç avoir [intention du Roy,qu’il pretendoit cette prérogative comme Prince du Sang d’Anglcterre,plustostque comme'Electeur ; quoy que j’aye de la peine à croire,que ç’aitla pensée de S. A. Electorale ; parce qu’en ce temps là les Princes duSang de France mefmes ne faisoient point dc difficulté de ceder chez eux/, T art, T 11 la main