jiî L’ Ambassadeur et
des Electeurs, & lors qu’on en fit des plaintes , le Comte de Trautmans-dorf dit» que dans la *JMai[on de tEmpereur on considérois les Eleveurs,comme ceux qui en faisoient une partie essentielle, & les Princes d’Italtecomme des efirangers,à qui il falloit faire plus de civilité qu’aux domesti-ques, Il me semble, que la comparaison estok bien familière,& queTraut-mansdorf en parloit en officier de la Maison de l'Empereur,mais il ne fai-soit pas grand honneur aux Electeurs. La Bulle de Charles IV. dit, qu’ilsfont les pilliers,les arcboutants,les luminaires de l’Emptre, dont ils fontune partie essentielle, & non de ia maison de l’Empereur,où leurs Minis-tres doivent estre préférés à ceux de tous les autres Princes & Estats, ex-cepté les Testes Couronnées; pourveu qu’ils ayentle mesme caractère. Jedoute que ceux,que les Electeurs envoyent à Vienne, ayenteeluy d’Am-bassadeur: parce qu’il n’y a point d’apparence,quc leurs Ambassadeurs par-lassent à l’Emp’ereur découverts ; veu qu'ils peuvent éviter ce chagrin, endonnant à leurs Ministres la qualité d'^bgefanter au lieu de celle de Çefan-ter: Si fi je ne me trompe, c est celle qu’ils leur donnent ordinairement:bien que ces deux mots se trouvent souvent confondus, dans les Chance-leries aussy bien que dans les livres. La résolution des Electeurs, dont l’E-vesque d’Osnabrug parloit,est conforme au quatrième article de la Capi-tulation de l’Empereur Ferdinand III. & au cinquième de celle l’Empcreurqui régné aujourdhuy. Elles parlent toutes deux presque dans les mes-ures termes :mais comme les Electeurs y agissent pour leur propre interest»&ne regardent que l’Empire, elles ne se peuvent pas estendre au delà, aupréjudice des autres Souverains qui ne reconnoissent ny les loix ny les dé-créts deS Princes d’AHemagne. -
Ce ne fera pas hors de propos que je marqueray icy cc que le Chan-celier de Chiverny dit d’une difficulté,qu’on eut à l’entrée.que la Reine Eli-sabeth,fille de TEmpetcur Maximilian II. qui venoit épouser le Roy Char-les IX. fit à Mezieres en I’an 1570. Le Roy envoya audevant d’elle le Ducd'Anjou, Ion Frere, & l’Empereur avoir mis à la teste de la conduite de fafille í’Electeur de Treves. Et damant qu’on se trouvoit cmpesché tou-chant le rang,que ces deux Princes prendroient,on envoya un exprès à laCour,pour sçavoir l’intention du Roy ; qui dit que le Duc devoir ceder àl’Electcur,comme à un Prince Souverain,qui estoit Ambassadeur de l’Em-pereur. Chiverny dit,que luy qui estoit alors Chancelier du Duc,sceut fibien representer au Conseil le tort, qu’on faisoit au Premier Prince duSangde France » & à l’heritier preíómtif de la Couronne, qui ne doit cederqu’aux testes Couronnées, mesmes hors du Royaume, qu’on luy permit demettre l’aftaire cn negotiation,& de taícher d’y faire confisntir 'Electeur,
fans