2 2.8 L’ A M B A S S A D EU R ET
Lc jour d’aprés le Légat rendit la visite à Philippe,&Ie jour suivant, qui fut le$> Juin,le Prince partit de Trente.Tous les Prélats,à la reserve des Cardinaux,conduisirent jusques hors la porte.Quelques jours aprés MaximiIian,Royde Boheme,qui allo.it quérir fa femme en Espagne , passaaussy à Trente ;mais damant qu’il n’avoic point de train, & qu’il passoit comme incogni-to, on ne luy fit point d’entrée, ny autre civilité, sinon que le Légat le. visita le premier, & le Lendemain il rendit la visite au Légat. Lors qu’Al-bert, & l’Archiduchcsse, qui alloit épouser le Roy d’Espagne Philippe III.arrivèrent à Ferrare, tout le College des Cardinaux fut en corps aude-vant d’eux.
Il n’y a point de juge légitimé pour les compétences entre les Sou-verains, & ce n’est pas matière de Concile. Aussy n’y a il point de Prin-ce , qui vueille entreprendre, ou qui ait jamais entrepris de régler le rangentre les Ministres. Le Roy d'Angletcrre, en mariant la Princesse fa filleen l’an i6ir. fit convier les Ambassadeurs de France & de Venise au festindu premier jour,& 'Boishot, ^Ambassadeur des Archiducs Albert (fi Isa-belle, à ecluy du lendemain. Boischot en fut fort offensé, & dit qu’il nepouvoit souffrir,qu’une République, qui ne possedoit qu’un pied de terre,en comparaison des grandes & vastes Provinces des Archiducs, fust préfé-rée à eux ; veu quelle n’avoit jamais fait difficulté de céder à leurs prédé-cesseurs , lors qu’ils n’estoient encore que Ducs de Bourgogne. Le Royluy fit dire, ejue ce n’estoit pas son intention de s’eriger en juge de la compé-tence des Princes, ny de faire préjudice à leurs droits (fi pretenfions, en ré-glant le rang entre leurs Ministres. Qu’il avoir fait prier l’Ambaffadcurde Venise le premier ; parcc qu’il s’en estoit en quelque façon prié luymefrne plus de quinze jours auparavant,& que le République,ayant bienvoulu faire quelque chose d’extraordinaire, en ordonnant à son Ambaíîa-deur de faire un equippage magnifique, pour faire honneur aux nouveauxmariés, il avoir crû devoir faire austy cette civilité à son Ambassadeur. Quetous les jours seroient égaux, aussy bien que les traittctients & les diver-tissements, & qu’il jugeoit mefmes,que celuy de carésine prenant, où 'Boi-fchot avoir esté convié,seroit le plus fort de tous : comme lc jour de la plusgrande réjouissance. Proteflant encore, cjuil n entreprenait pas de reglerle rang entre les Ministres. Ce qu’il luy fit donner par eferit.
La Reine Christine de Suède, ayant fait prier l’Elccteur de Brande-bourg d’envoyer ses Ministres à Lubec, pour y faire office de Médiateurentre la Pologne Lc la Suede.avec la France, Venise & les Provinces Unies,Evvald Cleyst, Ambassadeur de l'Eleóteur, dit à la Reine, qu’il cíperoit,
qae