ses Fonctions. Liv. t 547
taire dit bien expreslement, que Don Pedro cedoit cet honneur, commeau plus ancien, & il y a de l’apparence, qu’elle fait cette remarque, parcequ’aujourdhuy on partique tout le contraire.
En l’an 1607.1e Roy Henry IV. envoya en Hollande le Prejìdent Jean-nin , pour y moyenner la paix avec l’Espagne, à quoy il dévoie travaillerconjointement avec leSr. deBuzanuaI,qui y estoit Ambassadeur ordinaire.Le Roy s’ávifa depuis de substituer leSr. de Rusty en la charge d’ordinaire,& de le comprendre en la commission avec les deux autres. , II arriva enHollande après eux; mais il ne les p recéda point; tant parce que ce n’estoitpas l’intention du Roy, que parce que les deux autres estaient extraordi-naires , à qui l’ordinaire est obligé de ceder. C’cst en quoy il faut tous-jours avoir égard à l’intention du maistre. En l’an ifyz. Charles IX. Royde France, envoya en Pologne Jean de Monluc , Evesque de Valence, poury recommander l’Election du Ducd’Anjou. Le voyage estoit dangereux,& on craignait quel’Empereur,qui faisoit briguer la Couronne de Polognepour son fils, ne fist on tuer ou arrester Monluc en Allemagne :c’estpour-quoy la Cour sât partir aprés luy Gilles de Noailles, celuy qui succéda de-puis à l’Evesque d’Acs, Ion Frere,en l’Ambassade de Constantinople, pourfaire la fonction d’Ambassadeur auprès du Sénat de Pologne, en l’absence•de tJMonhtc, s’il luy estait arrivé quelque malheur, ou bien conjointementavec luy. Monluc , qui ne voulait point de compagnon, Le qui conside-roit que le dernier venu prétendrait la préséance, en prit du chagrin ; maisl’autre eut tant de déference pour sesadvis, en luy cédant par tout, queMonluc se voyant plustost respecté comme Maistre,que considéré commeCollègue, le souffrit sans répugnance.
Autrefois on n’y faisoit pas tousjours tant de façon. Philippe deCommines dit, que Ferdinand le Catholique,se voyant en la possession duRoussiilon, & voulant faire croire , que son intention estoit de réparéel’horrible infidélité, qu’il avait faite à Charles VIII-en faisant armer toutel’Italie contre luy, à dessein de s’opposerà son passage, enrevenant duRoyaume de Naples, eut l’impudcnce de luy envoyer son negotiateurordinaire, frere Jean de Maulcon , avec quelques autres religieux duCouvent de Montferrat. Les Rois Catholiques, qui avaient fait chasserCharles d’Italie, & qui avaient fait perdre le Royaume de Naples, à la ré-servé deGayctte, luy firent faire des propositions d\ine trêve, qui luypouvait conserver cette importante place, la plus forte de toutes. Char-les, qui voulait s’éclaircir de l’intentìon de ces Princes, qui venaient de lctromper fi vilainement, envoya en Espagne Guillaume de Poitiers,Seigneurde Clairieux ; mais Gayctte ayant esté prise devant que cet Ambassadeur
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