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Premiere partie.
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J46 L’A MiASSADEUX ET

le logea chez luy, comme son parent, & y fit les honneurs de la Maison.Mais Don Diego s’cstant enfin appcrceu de .artifice» ne craignoit point detémoigner au Marquis,que si jamais il y avoit occasion de paroistre en-semble en public, ilferoit homme àfe faire donner le rang qu'tl jugeait quiLuy appartenois. Le tjfytarquis diíoit bien,que D. Diego ne pouvoir pasprendre le premier, parce qu’il n’avoit esté envoyé qu’au Prince de Galles,& qu’il n’avoit autre chose à faire qu’à rapporter au Roy son maistre desnouvelles de l’heureux passage du Prince, & cependant il évitoit la nécessitéde se trouver avec luy à la Cour. II disoit bien aussy, que le Roy d’Espa-gne, avoit réglé le rang entre eux, & à son avantage ; mais il n’osa paspourtant l’accompagncr à Taudiance,íù? peur d’e(lre obligé de luy ceder,Scil laissa faire cet office à Don Carlos Coloma, Don Diego ne fit pas grandséjour en Angleterre, & il n’estoit presque pas party lors que l’on y vitarriver des lettres du Roy d’Espagne,qui luy faisoit une forte reprimende,d’avoir osé disputer la préséance au Marquis d’inoyofa, & ne revoquoit pasfeulement la commissioli que Don Diego avoit devoir l’Archiduc & leRoy, en passant par les Païs-bas & par la France; mais il liiy-commandoitaussy de se retirer dans fa maison, & d'y demeurer jusques à autre ordreLa Cour de Madrid vouloir qu’il respectast la qualité du Marquis,qui es-,toit du Conseil d'Estât, qui avoit esté Gouverneur de Milan, & estoit Vi-ceroy de Navarre ; mais c’est ce que le Conseil luy devoir expressémentcommander ; parce que dans Tordre Don Diego devoir preccdcr. En cescontestations Tinterest estoit purement personnel, où la dignité du Princen’avoit point de part.

Don Diego de Saavedra, Plénipotentiaire d’Espa'gne à Munster, ayantsceu que TEvesque de Boislcduc avoit esté nommé,pour y negotier avecluy, s’en chagrina bien fort, & fit tout ce qu’il put pour fe faire conserver lapremterepiace,maú inutilement. L’Evesqtie estant arrivé à Munster, en-voya demander â Saavedra le sceau & le chiffre de TAmbassade ,en suited’un ordre qu’il avoit du Marquis de Castelrodrigue, lequel il luy commu-niqua: mais Saavedra luy fit dire,que pour une affaire de cette importan-ce il ne recevoir ses ordres que duRoy immediatement,& n’en voulutrienfaire. Leur querelle dura jusques â ce que Pegnaranda estant arrivé àMunster, Saavedra remit leíceau& le chiffre entre ses mains. U fautcroire qu’autrefois il n’y avoit point de règle pour cela ; veu que DonÇutierre Gornez, de Fuenfaltda, estant en Tan tsoy. Ambassadeur de Ferdi-nand le Catholique auprès de Philippe d’Austriche, son gendre,Ferdinandy envoya encore un autre Ambassadeur, nommé Don Pedro d'jiyala , &nonobstant cela Don Gutierre précédait 8c portoitla parole tousjours. L’his-

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