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Premiere partie.
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ses Fonctions. Liv. I. 573

q’uil 11e savoir cê que c’cstoit, jusques à à qu’en ayant esté convaincu parla confession, & par confrontation de la Chcsnaye, il le confessa aussy, nonsans une derniere confusion. Sur cela le Conseil luy dit, que le Roy nepermettroit point qu’il se mcslast plus d’aftaires, ny q u'il íè preíentast de-vant luy, que l’on ne sccust, au retour du courrier que son avoit envoyé enFrance, si le Roy, son maistre l’avoíierent ou non. La Cour de Franceauroit bien voulu maintenir son Ministre, & luy envoya une dépesche, avecordre de la mettre entre les mains du Roy d’Angleterre , pour voir sil yauroit moyen de le faire approcher de la Cour : mais on nc le voulut pasadmettre; de forte qu‘il fut obligé de se retirer en France, où il ne fut pas.fort considéré depuis ce temps là.

Or si on ne peut faire Ic procès à l’Ambaflàdeur pour crime, & par-ticulièrement pour un déliés commun, on peut bien moins l’assujettir à laJustice du lieu de là résidence pour une action civile, ny I’arrestcr pourdettes. Il y a quelques années, que la Cour de Justice de Hollande fitarrester pour dettes le Résident de Portugal ; parce quelles avoient estécontractées pendant son Ministère. Eliesefondoit íûr les íoix, qui commeje viens de dire, ne peuvent estre appliquées qu’à ces sortes d’Ambaíïàdeurs,que l’on appcllcroit aujourdhuy Députés, que les villes sujettes de l’Empireenvoyoient à Rome, & nullement à ceux qui ont le véritable caractère, ouqualité de Ministre Public, qui represonte la personne d’un Prince Souver-raín. Car si les Députés d’une ville de Hollande ne peuvent pas estre ar-restés pour dettes, pendant qir’ils sont membres de rassemblée, à plus forteraison doit on avoir ce respect pour le représentant d’un Prince Souveraineffranger, qui doit estre inviolable; parce qu’on ne le peut empescherd’agir, que le service du Maistre n’en souffre. Don Francisée» de Melos,

Ambassadeur de Portugal, ne fit pas de fort grands devoirs pour la libertédu Rejìdent , parce qu’il y avoit dans le procédé de celuicy quelque chosede fi infirme, qu’on n’avoit garde den faire du bruit, de peur que la fri-ponnerie du Ministre ne fist tort à la dignité du Prince qui l’cmployoit.

Je nc crains point de dire aprés M. deGroot, que puis que Iajusticene peut saisir les meubles du Ministre Public pour dettes, bien moins peutelle emprisonner fa personne . parce qu’il doit estre exemt dc toute con-trainte ; tant à f égard dc fa personne, que pour ce qui est de íès meubles ;parce que fans cela il nc peut soustenir la dignité dc ion caractère. Ceuxqui luy font crédit, doivent prendre leurs seuretés devant que de le faire,& s’cn prendre à eux mesincs, s’iis ne le font pas. Les marchands en fonttous les jours, & hasardent leur bien, dans l’cfpcrance de gagner. Ils fçavent

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