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que ce n’est pas fans risque de banqueroute : qu’ils doivent bien autansappréhender d’un Ambassadeur que d'un particulier. Les Souverains rui-nent tous les jours ceux qui leur font crédit, & le Ministre ne vaut pasmieux que le Maistre.
En l'an i6q6. Le Divan fit donner assignation par un Chiaux à l’Am-bassadeur d’Angleterre , à la requeste de quelques marchands Anglois deConstantinople, pour le voir condamner à la restitution des deniers, qu’ilsdifoient avoir esté injustement exigés d’cux. L'Ambassadeur, pour gagnerun peu de temps, fit le malade, & pria cependant ceîuy de France de repre-íenter au Premier Visir, l’incongruité du procédé du Divan, & l’impcrti-nence des marchands Anglois, de faire adjourner un Ambastadeur parde-vant un JugeTurc, où les Francs, qui ont leurs Juges particuliers, ne fontpoint tenus de coinparoistre. Le Visir en demeura d’accord, & dit qu’ilíçavoit bien, que cesìoit une chose tnoíiie , <jue de fa tre adjourner un Am-bassadeur au Divan , gr ejue cela ne détruisit pas seulement les privilègesdes Ambassadeurs, mais aujf 1 le Droit des (sens. Que les marchands An-, glois avoient gagné les deuxCadilesquicrs. Que les excés de i’Ambassadeurmeritoient bien quelque correction, & qu’il feroit bien de compoíér avec lesparties, & de sortir d’aftaires fans bruit. Qu’il considérois 1 intercession dcl’Ambassadeur de France, qui pourroit s’en charger, & en estre l’arbitre;pourveu que ce fust du consentement des intéressés : parce que les JugesTurcs ne renvoyent jamais les procès que l’on intente pardevant eux.L’Ambassadeur repartit, que si le Visir vouloir employer son autorité au-près des marchands Anglois, on n’auroit point de peine à ajuster le reste ;puis que ce n’estoit en effet qu’une fuite de leur désobéissance. Le Visir ytravailla, & y réussit, en réconciliant l’Ambassadeur avec les marchands;mais cette paix ne dura que jusques aux premières nouvelles qui vinrentde Londres. Les Anglois de Constantinople , animés du mesine esprit derébellion, qui avoir fait soulever presque toute l’Angleterre, ne fe donnè-rent point de repos, qu’ils n’eussent fait chasser l’Ambassadeur, d’une ma-niéré, qui fait connoistre, qu’il y a des Chrestiens capables d’encherir furla brutalité des Circoncis, qui n’auroient pas esté si inhumains, lans l’insti—gation des Anglois. Le Parlement envoya un autre Ambassadeur à Con-stantinople, & le Premier Visir, en prenant connoissancc du différent, quiestoit entre les deux Ambassadeurs Anglois, s’erigea en juge incompétent,& en faisant emmener l’un il viola la foy publique, la parole qu’il avoit don-née à l’Ambassadeur de France , & tout ce qu’il y a de plus sacré dans 1ccommerce des hommes. Il perdit mefmes le respect qu’il devoít au Sexe,ça contraignant l’Ambassadricc de s’etnbarquer dans un mefehant petit ba-
stiment,