57$ l’ Ambassadeur et
Rofencrantz. , que le Conseil d’Angleterre ordonne , que l’Alleman quil'avoit offensé, sci a mis entre les mains du Roy de DanHemarc, confor-mément à laloy, dont j’ay parlé au commencement dc cette Section.
lmber court dit au Connestable de St. Pol, que c’est au Roy de Fran-ce à le faire jouir de la scureté qui est deiíe à son caractère, & fait comtoisetre par là que c’est au Prince, auprès duquel le Ministre Public résidé, ouavec lequel il negotie, à le protéger contre toutes sortes d’injures, d’inful-tes& de violences; comme en effet le Roy d’Angletcrre&l’Empereur pro-tègent hautement les Ambassadeurs de Dannemarc & de Venise. C’est céque íçavent bien les Estais de Hollande, quand ils prennent les Ambassa-deurs & les Ministres Publics en leur protection particulière, dans cette il-lustre déclaration de l’an 1651. M. Hugues de Groot dit fur ce sujet, quedés que le Prince admet & reconnoit un Ministre Public, il s’oblige à sortprotection, & à le faire jouir du benefice du Droit des Gens, par une eípe-ce de convention ou de contract tacite. Tellement que l’on ne peut pasfaire un jugement fort avantageux des Princes, qui au lieu de protéger lesAmbassadeurs & Ministres qui résident auprès eux , les persécutent & lesoutragent. Le Pape Jules 11. pt mettre f rìmbajfadeur de Charles 111. Ducde Savoy e, en prison, çfr luy fit donner la question, parce qu’il Juy avoit dit,que le Duc, íbn maistre, s’employcroit volontiers à faire ion accommode-ment avec le Roy 'de France. Le Pape le traitta d’espien & dc traistre :mais Jules estoit í'homme du monde le plus orgueilleux & le plus insolent,& lors que les vapeurs du vin luy avoienttroublé le cerveau, ce qui luyar-rivoit ailés souvent, il ne íçavoit ce qu’il fuioit. Ses violences & ses em-portuments obligèrent Louis XII. à convoquer un Concile contre luy á Pi-se, & à faire battre de ces escus d’or,que l’on voit encore avecl’inseription,Nomen Babylonis perdam. Le Marquis de Pifant, A mbafsedeur de Fran-ce à Rome, diibitduPape Sixte V. que c’cstoit le plus meschant moinequ’il eust jamais veu. Il n’auroit point parlé ainíy, s’il eust connu Sixte IV.qui estoit moine auíly, & bien plus meschant que Sixte V. Quand en toutefa vie i! n’auroit fait autre action, que de conspirer contre la vie de Laurent& eje Julien dc Mcdicis, & de consentir qu’ils fussent tués dans í’Eglisc, &que {'élévation de l’hostic servi st dc Signal aux conjurés, il faut avouer, quece n’estoit pas seulement un tresmesehant moine, mais auíly un trcsdetc-stable Pape. Le Comte Hieromede Ri air te, son neveu ou son fils, qui se-condoit ses violences,ose bien dire àquelques Ambassadeurs,que le Pape lesferoit jetter dans le Tibre Un auteur Catholique dit de fuies II. qu’il estoitné pour la destruction de l’Eglisc,& le judicieux auteur de {'histoire deFlo -
rence,