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Premiere partie.
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SES FoNCTISNS. LlV. I. 572

tence, en faisant le caractère de Sixte IV. en a laiísé une estrange Idée à lapostérité.

La fin malheureuse & tragique des Caraffes est une preuve manifestedu désordre dè leur gouvernement. Les Espagnols, qui nepouvoient pasignorer les negotiations que le Pape Paul IV. faiíoit faire en France, envoulôicnt prevenir l’effet par le moyen Duc d’Albe, Viceroy de Naples. LeDuc, quifçavok, que les Caraffes avoient l’ceil fur 1 c Royaume avoit con-tinuellement des courriers en campagne, & des correípondences fort étroi-tes avec les Ministres d’Espagnequi estoientá Rome. Il arriva un jour,quele courrier, que le Comte de T axis, Maistre des postes de l’Empereur,cn-voyoit à Naples, fut découvert àTerracine, & d’autant plus observé, qu’a-yant quitté les marques de fa fonction, son voyage devint fort suspect auGouverneur, qui iefitarrester, & Penvoya à Rome. On le trouva char-gé de quantité de lettres, qui estant presque toutes eferites en chiffre,aug-mentèrent le soupçon que l’on en avoit desja. Le Pape, s’en voulantéclaircir, ft arrefter le Comte de Taxis. Dés que le Marquis de Sarria,Ambassadeur de l’Empereur, en fut adverty, il demanda audiance, à des-sein de se plaindre de la violence, que l’on faifoit à un officier de l’Empc-reur. Le Marquis avoit amené avecluy Cjarctlaffo de laFega » ejuifatfoitles affaires le Philippe, Roy de Naples, auprès du Tape, & qui estoit ce-luy avoit fait ks dépesches dont le courrier avoit esté trouvé íàiíy , c'cstpourquoy le Cardinal Caraffe le fit tirer de t antichambre du Pape, (fr l'en-voya prisonnier au Chas eau S. .Ange. L’Ambaflàdeur ayant appris au sor-tir de Paudiance, qu’on venoit de luy faire un second affront, demanda àrentrer, & à parler au Pape: mais on luy refusa la porte. Apres qu’on eustfait déchiffrer les lettres , il fut vérifié, qu’on convioit le Duc d’Albe à ve-nir attaquerl’Estat de l’Egliíc, pendant que le Pape estoit désarmé, & queles villes estoient hors de défense. Le Pape, voulant justifier son procé-dé, tint Consistoire le 27. Juillet 1555. où il fit appellerle Procureur & l’Ad-vocatGénéraux, qui y dirent, en la prcsence de plusieurs Officiers dejusti-ce, que les Ministres de PEmpereur & du Roy Philippe , & particulière-ment lcRiceroy de Naples, formoient des desseins tresdangereux contrel’Estat de l’Eglifc, & demandèrent que quelques Cardinaux fussent commis,pour en informer , & qu’aprés cela les Princes & leurs Ministres fussentexcommuniés : que les fiefs qu’ils tenoientdu S. Sicge fussent déclarés ca-ducs , & eux privés de leurs Estats, honneurs & dignités. Ce qui futar-resté au Consistoire. Le Duc d’Albe, craignant que le Pape, dont les em-portements approchoient de la fureur, ne fist mourirGarcilasso, puisqu'illup fat soit faire son procès, luy envoya le Comte de la Tolfe, pour faire

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