ses Fonctions. Liv. I. 651
Ces présents se refusent ausly lors que le Maistre de l’Ambaísadeurn’est point satisfait du Prince, avec lequel l’Ambassadeura negotié, ou lorsque l'Ambassadeur ne veut pas estre obligé à la civilité d’un Prince , dontiln’est pas satisfait d’aiileurs ; ainsy que je viens de dire. En l’an 1483.Ferdinand & Isabelle envoyerent à Charles VIII. Jean deRibera , Seigneurde Montemayor , pour demander la restitution du KouíTillon. Il n’y fitrien ; c’est pourquoy il refusa de prendre la vaisselle d’argent,dont le Royluy fit faire présent. Les François disoient, que c’estoit une civilité , &qu’on n’avoit jamais veu en France, qu’on eust refusé le présent du Roy.Rtbera se contenta de répondre, qu’on avoit point veu en Espagne , qu oneuftreceu le présent à'un Roy, dont celuy que l’Ambassadeur servott,na-voit pas sujet d’esìre satisfait. Il me semble qu’on peut se souvenir dcccs Ambassadeurs Romains, qui refusèrent les présents, que Ptoloméc,Royd’Egypte, leur vouloit faire; mais ils souffrirent, que dans un festin , quele Roy leur fit, on leur mist des Couronnes d’or fur la teste. Au lieu derejetter avec rusticité l’honneur, que le Roy leur faisoit, ils receurent lesCouronnes, & le lendemain ils allerent les mettre fur les testes des Sta-tues des Rois, qui estoient dans le temple de Jupiter. . Charles Edouard ,Comte de Carliile, estant Ambassadeur Extraordinaire d’Angleterre auprèsdu Cz,aar de tJAíoscovie en l’an 1664. y fut assés mal traitté : de forte quene recevant point de satisfaction, ny fur l’affaire qu’il avoit à negotier.nyfur les plaintes qu’il faisoit des incivilités qu’on luy avoit faites, en témoi-gnent son mécontentement en toutes les rencontres, mais principalementquelques jours devant qu’il partist de cette Cour là. Le Cz.aar luy enrvoya un présent de martres, de la valeur de deux mille eseus : un autre dcquatorze cens eseus pour la femme, & un troisième de mille eseus pour lefils de l’Ambaíìadeur, sens les autres présents pour ses Domestiques .-maisil les renvoya , & traitta d’une maniéré allés offensante le Seigneur qui lesaccompagnoit. Le skaar y envoya une autre personne dc qualité, pouren demander la cause à l’Ambassadeur, qui dit au Mocovite, qu il ne croyaitpas devoir emporter des marques de la bienvuetllance de fa Ma je fié Cz.a~art que, pendant quelle donnott fi peu de sansfathon au Roy , son Aíaijïre^Le Cz.aar se satisfit dc cette réponse, & estant bien aise de garder ses mar-tres, il renvoya le présent, que l’Ambassadeur luy avoit fait en son par-ticulier» & l'Ambassadeur le reprit ausly.
Lors qu’il n’y a point de sujet légitime, l’Ambassadeur ne peut re-fuser , sans rusticité , & fans faire affront au Prince , le présent qu’il luyfait faire. En l’an i 6 ]z. Dm Gonçales de Cordite, Ambassadeur Extraor-
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