76 L’Ambassadeur et
La passion, que le Comte de Bristol avoit d’obliger les AngíoU de fa Re-Kgiony & de rendre fa personne nécessaire, estoit , si grande, qu’il engageale Pridce,héritier perfomtif de la Couronne de laGrande Bretagne,à fairele voyage d’Efpagne, & à fe mettre entre les mains de gens qui haïssoientfa Religion, & qui ne pou voient pas aimer fa personne. H n’cn feroic ja-mais ferty, si son destin nei'cust réservé pour une fin plus malheureuse, &filaCòurde Madrid neuít fait connoiftre en cette rencontre, dont ellepouvoît tirer des avantages incomparables, qu’elle preferoit cette appa-rence‘ , d'honncuriàtotttesles autres considérations. Je ne voudrois pasdire, Hue l’intcntion du Comte de Bristol fust mauvaise : mais on ne peutnier, que son procédé ne fust fort imprudent, & que la negotiation qu’iîcon tihua de faire, a prés que le Prince fust party d’Efpagne, ne fust crimi-nelle. “• Il corinoissoit aisés la Cour deMadrid, pour ne point pouvoir doi*ater, qbe là difficulté, que celle de Rome soifoit fur la dispense, ne fust unartifidedes Eíp agnols : estant certain qu’il n’y en avoit point d’àutres, quetelles (JtieTinquisitipnd’Efpagne & le Comte Duc íaisoient naistre. Lomariage de Margeritede Valois avec Henry, Roy de Navarre r celuy deÇathèrine, soeur dumefme Henry, avee le Prince de Lorraine: & de Ma-dame Henriette de France avec le mefme Prince de Galles» dont je viensde parler, & de laPrincelîè de Portugal avec lé Roy d’Angleterre, fontbien rojr, que la diversité des Religions n’empefche point la Cour de Ro-me dé donner ses dispenses, lorsc^u’ón lesdemande dans les formes.
Si l'Ambassadeur ne doit point ágir sens ordre, & s’ilne peut, fans né-cessité, se dispenser d'exccuter celuy qu’onluy donne» il ne peut fans crime& sens trahison, agir directement contre les ordres de son Maistre, LeComte Albertinde 'BosscheHo,. que les Princes Confédérés d’Italie envoy-èrent au Camp de CharlesVIIL afin que soús le prétexté d’aller voir sonfils, qui servait dans l’ármée de France, fous Jean Jaques Trivulce, ilde-mandastun faufconduitpour les Députés, qui se dévoient trouver au con-grès. Apres qu’il eut cxpofêfa commission au Roy, il demanda une au-diance sécrété,où il I’advertitdu mauvais estât désarmée des Confédérés& de la division des Chefs; l’exhortant de ne leur rien accorder, parce queîeurs troupes se dissiperoient dans sort peu de jours, & qu ils seroient con-traints deiever le Siégé de Novarre. Ce Ministre, qui devoit travaillerà l’avancemenede la paix, tâkhoit de rompre le traitté devant qu’il fust«otnmencé.
! On ne bazarde rienenprenantexempse fur les actions de M, Cha -I«r,parce que c’estoitunMinistresege& entendu; c’estpourquoyjemar-comment il en usait à l’égard des ordres qu’bn luy envoyois II
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