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Seconde partie.
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§0 L’AmB A SSA DEUR ET

II y a une efpece d'adrcsse, qui est pkistost frípponerie que finesseouartifice. Eni'an 1626. le Comted'Ognate, Ambassadeur d’Efpagne àRome, en faisant l’hommage pour le Royaume de Naples, 1 a veille de la S.Pierre, avoit bien fait presenter labacquenée blanche, mais les sept milleçscus, dont elle devoir estre accompagnée, n’estoient pas p; ests. Le Tré-sorier de la Chambre Apostolique en advertit le Pape, &yajousta, quel’Ambassadeurl’avoit asseuré, qu’il nc inanqueoitàla lettre de change quela íìgniture;maisqu’il lasigneroit, &quel’argentferoit payé incontinent,suppliant le Pape d’accepter cependant la hacqucnée, fans préjudice de ferdroits. L’intention de l’Ambasladeur estoitd 1 icquerirparlàiinti!rre,quiexemtast le Royaume de Naples de ce tribut annuel. Mais le Pape répon-dit, qu'il ne vouloir pas faire ce tort à la Chambre Apostolique, & que^Ambassadeur payast les sept mille esc us présentement, ou qu’il fist emme-ner la hacqucnée, & qu'il ne receuroit point l'bommage sans lVgent.Que le banquier Sacchcttí, qui s’y trou voit présent, en fist fa dette; non enla considération du Pape, mais qu’il prist fesscuretés de l’Ambassadetir, &que fans cela il n’en feroit rien. L’Ambassadeur, qui croyoit duper le Pa-pe,yreceut en grand affront, estant contraint de faite intervenir le créditd’un banquier, pour sc tirer d’un mauvais passage,où un Ministre plus pru-dent & moins fin sc feroit bien donner de garde d’entrer.

De ces petites finesses & fripponeries, que l’on tafche de faire passerpour des galanteries, on passeaiscment à des fourberies grossières, qui fontindignesd’un Ministre, qui a un peu d’honneur & de réputation à ména-ger. Carfil’Ambassadeurest assés malheureux pour la perdre, & pourpaíscr pour fourbe & pour menteur, ilnepeut plus ny negotier ny paro-istre, parce qu’il perd la confiance & le crédit, qui est le fondement de toutle commerce qui se fait entre les hommes, quel qu’il puisse estre. Dans lesdéfiances perpétuelles on a dessein de tromper, ou peur d’estre trompé; desorte qu’il est impossible de faire réussir la negotiation, où elles entrent.Car soit que bAmbafladeur suive en cela les ordres de son Prince, ou qu’ilagisse conformément à sonhumeur& à son gewe, il ne sc peut qu’il ne de-vienne suspect, & incapable de negotier. L’Ambassadeur n’est pas obli-gé de découvrir toutes fes pensées, &il!uy est permis, ou plustest nécessai-re de les déguiser quelquefois: maisjenefçaiss'il luy est permis, en quel-que occasion que ce soit, d’agir contre les principes de l’honneur, c’estàdire,s*ilpeutdcstruire la vérité par un mensonge. PhtL de Commiuesestant Ambassadeur de France à Venise, & voyant continuellement aller& venir des courriers, n’eust point de peine à deviner, qu’il s’y faiíoit desîStrigues contre le service de Charles VIII. son Maistre. Pour s’en éclair-cir,

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