Sés Fonctions. Liv. II. yz
qu’il manquarst à sa parole, ou qidil 11e dist point la vérité, ce qui n'est pasmentir, si non dans une signification aisés impropre.
Il y a des Ambassadeurs, qui croyefit estrc fort prudents, Sc de ren-dre un important service à leur Priníe,en faisant courir de fausses nouvel-les. s’imaginîintd’emporter p. r là un grand avantage fur leurs ennemis. D.'Hernardmdt Mendósse , Ambassadeur d’Efsœgne, fut jusques dans leLouvre asseurer le-Roy, que cette formidable armée návaie de l’an 1588.avoit fait descente en Angleterre, que tour le : R.tíyaume s’estoit soulevécontre la Reme Elisabeth, & que laconqueste detoute l'Isle estoitasseu-fée. Un religieux Espagnol, en pyèfcliant à Milanen la présence du Gou-verneur &du Magistrat, le dit comme une vérité Evangélique, & cepen-dant tout ie monde fçavoit te contraire. 11 y enn]encore qui ne craig-nent point de debiter des lettres qu’ils font accroire avoir esté imcrcepVtées.pour décrier les affaires & la conduite de ceux, dont la prospérité leur«st incommode. Pendant la guerre des ^ztbeúm T Ambassadeur esEspag-«cfit courir une lettre à Venise, où le Cardinal Mazzarin exhortoít le Car-dinal Bichi d’agir avec adresse en fà negotíation, & de ne rien précipiter,afin que les Princes d Italie, fe mangeant & consumant entre eux, fissentles affaires de laFrance. Ces lettres furent envoyées à toutes les Coursdei’Europe; mais on endécouvrit bìentost la fourbe; parce que ce n’estoitpas i’intereft de la Francede faire continuer la guerre en Italie, où elle su-roît esté obligée de prendre part, & d’employer unepartie de ses troupes.LtBrun, Ambassadeur d* Espagne à Munster, y procéda avec plus d’adref-fe, mais avec aussi peu defuccés. Il fçavoit que les Plénipotentiaires deFranceivesteientpoint satisfaits decetixdeSuedej & qu’ilsne manque-foientpas de le témoigner dans les premières dépefches, qu’ils envoye-roientà la Cour; cést pourquoy il trouva le moyen d’en recouvrer une,quiparloitcndes termes bien forts de Thumeur & du procede d’Oxen-*ftirn, & du Chancelier son pore. Le Brun croyoit devoir encherir sor ceque la lettre endifoir, & en altéra quelques passages, en forte que celan’estoit pas feulement capable d’offenfer extrêmement ces deux Ministres,mais aussi.de brouiller lesdeux Couronnes alliées. Il en fit trop, & don-na par ce moyenun grand avantage aux François, quipouvant facilementdécouvrir ce qu'il y avoit de faux, n’eurcnt point de peine à rendre tout lereste suspect, & à faire croire que ce n’estoit qu'imposture.
Au Commencement de la guerre, dom fa Çhrestienté se trouve en-íore affligée, un Ministre de la Cour de Vienne fabriqua une piecefortscandaleuse, sousletilcred’un discours, que le Commandeur de Gremon-Ville, Ministre de Fraoce , -auroit faitau .Conseil del’Empereur contre
M z l’Estat