Ses Fonctions. Liv. II. pj
Dannemarc> 3 yaM esté contraint de se s.u ver, trouva sa feureté à Stocolm,en la puissante protection dela Reine Christine deSuede, qui recevoit &caressbit tous les estrangers, & estoit fort sujette à donner son estimean dernier venu. Elle n’en fit pas un mystère à l’Ambassacleur de Danne-mârc,qui en estoit extremement scandalisé : mais un jour elles’avisa d’en-voyerleMaistredesCeremoniesaumesme Ambassadeur, & de luyfairedire,qu’elleavoit effectivement reconnu, qu’Ulefeld estoit un fourbe, unmeschant&un scélérat, qui estoit indigne de sa protection. Qu’elle estoitresoliie de la retirer,& dele luy déclarer elle mesm e,en lapresence de l’Am-bassadeur, file lendemain il se vouloir trouver à la Cour. L” ^Ambassadeurtémoigna efirefort surpris d’m langage si diffèrent de celuy que la Reine luyavoit tenu quelques jours auparavant, (si ne dissimula point au tJMatflredesCérémonies la défiance,qu’ilavoit de Fintention de la Reme\ mais il ne laissapas deluydire, qu’il nemanquetoitpointde ferendre au Chasteau, parcequ’il s’asseuroit que les intentions de la Reine estoient sincères, & quellene permetteroit point, quUlefeldy fist fa justification, ny qu il y distriencontrel’honneur & contre la réputation du Roy son Maistre. On luydónrtale mesmejour advis, que la Reine, ayant passé au logis d’Uleseld,l’avoit pris dans son ca rosse, Lc l’avoit menéàlapromenadeic'estpourquoyil envoya quérir leMaistre des Cérémonies, & luy fit les mesmes protesta-tions, qu’il luy avoit desja faites, qu’ilne fuffriroitpoint,qu’Ulefeld fist rienau préjudice dti Roy fonMaistre. 11 luy dit aussi le sujet qu'il avoit de se dé-fier de l’intcntion de la Reine. Neantrooins fur les nouvelles asseurances,que le Maistre des Cérémonies luy donna,il alla le lendemain au Chasteau:mais à peine estoit il entré dans la Chambre de la Reine, qu’elley fit venirUlefeld, à qui elle permit de se justifier, au grand estonnement des Ambasfadeur, qui ne poUvant sortir de la chambre, parce qu’il en fut empeschépar quelques Seigneurs, quigardoientla porte, il se mit à réverd une fe-nestre,-jusques à ce qu’Ulefeldeustachevé de lire son escrit. Apres cela ilsortit, Lc se retira à son logis, fans parler du sujet de rassemblée; mais il seplaignit bien fort à quelques Sénateurs du procédé de la Reine. Elle ne letrompa point,parce qu’il fc défioit d’elle. On n’eft trompé & fourbé quelors que l’on croie ne l’estrepas. La prudence, quelque consommée qu’el-le soir, ne nouspentpas garantir delatrahison; mais celuy qui a publié cet-tehistoíre,u»a pas fort obligé cette grande Princesse. II ne faut pas avoirbeaucoup d’eípritny de délicatesse pour un artifice si grossier.
Ce que lés dépesches des Plénipotentiaires de France disent desartifices honteux, dòntlcS Ministres des Provinces Unies couvroientles intrigues , qu’ils avoient avec ceux d’Efpagne à Munster , est si ,
se an-