Ses FoNcîiotos. Liv. II.
dans íes audiances que Je Prince luy donne. Toutes les civilités, iòutêsles Caresses» toutes les digressions, qui éludent ses instances : toutes lésprotestations, & à plus raison toutes íes réponses arhbigiíës luy doiveikestrè suspectes : & mesivies il doit considérer tous lés festins & tous les di-vertissements, comme autant d’obstaclèsque l’on oppose à l’execudondeses ordres. Whiteloc, qui estoit Ambassadeur d’Angletérrc en Suede,dans Tannée i6z). feplaignoit à tout lé monde, qtTenses audianees lanci-ne ne luy parloir que de philosophie, & né Tentreteftoit que dé ses ballets& de ses divertissements, & qu’elle ne luy disoit jamais nyoiíiny hon. LaDuc deGuisc dit en ses mémoires,que les Tannes ne coustoient rien ah Pa-pe Innocent X. & en parle comme d'un homme qui jouait fort bien toutesfortes de personnages. Le Cardinal Mazzarin, qui le connossoit parfai-tement, recommandoit continuellement à l’Abbé dé S.Nicolas, depuisEvefque d’Angers, qui fassoit les affaires du Roy â Rome, de ne s y pointlaisser tromper : d'essuyer les emportements, (y etapplaudir mtfmes auxdiscours, aux cageoleries & iiux protestations du Pape ; thaïs de ni prendre ettpayement que des effets, de poursuivre fa pointé , & de ne le point quitter,qu iln e l'eu fl fait expliquer, & qu Un en eu fl tiré une réponse cathegorique .Si jamais il a esté neceíîàire que T Ambassadeur ait pris ces mesures, ç’â estéavec le mefme CardinalMazzarin. Ilnedônnoit audiance aúx Ministresestrangers qu’aprés plusieurs instances, & qu’il ne vist, par manie: e de dire,les portes de son appartement forcées: & lorsqu’il Ies âdmettóit, ah lieude leur donner audiance, il commençoit le premier à parler, éc ne céíîoitpoint de les entretenir de choses indifférentes, afin de gagner du temps, &d’oster aux Ministres le loisir & le moyen de faire les affaires de IcurSMaistres. Ilfaisoittoutletourde TEurope, & debitoit toutes fortes dènouvelles: faisant bien voir dupais à ceux qui le vouloicnt fiiivre: telle-ment que lc plus souvent les Ambassadeurs & Ministres avoieh't dc la pei-ne à trouver un moment, pour luy dire une bien petite partie de leurs affai-res. C’estoit avec cela Tbommc du monde lc plus caché. Ses pensées &ses intentions cstoícnt impénétrables à ses plus grihds confidents, & il n yavoir point d’asseuranceà prendre en fa parole, nyenses serments quelqueforts qu’ils fussent. C’èstceqú’cnditVittorioSíri, & j'en íça s aussiunëpartie par expérience.
En Tan 1646. l'Abbé’Benti’ùoglio, tm des plus confíderïtá Ministresdu Cardinal Mazzarin,a'pfés ZorrgoOndédei,'fut eriVoyéa quelíjiíes Prin-ces d’Italie, pourles obliges à ëhtrérdáns lcsrntérests dh Roy, pendantque Ies armes de France agiròient en là costé de Toscane, IíaVoft Ordrèdc faire Ies meímes offices auprès du Gran-Duc, le Prinçe du Mòiidc le
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