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Seconde partie.
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§8 L’Ambassadeur et

. plus réservé & le plus circonspect, qui luy dit: Qu’il falloit luy donnerdu temps, pour délibérer touchant les propositions, que l’Abbê luy avoitfaites, & pourfairereflexion fur les avantages, qu’il luy avoit dit, que lesPrinces d’Italie trouveroient dans le voisinage des armes de France. Quesi elles estoient employées au Royaume deNaples ou en Sicile, peutestrençs'enmélcroir il point: mais si elles attaquoient quelque place en la co-ste de Toscane, les traittés qu’il avoit avec l’Espagne, & l’obligation,en la-quelle il sc trouvoit à cause dc la ville de Siene, lempefcheroient de s’ex-píiquer dans si peu de temps touchant la neutralité,que la France luy saisinedemander. Qu’il avoit des terres au Royaume de Naples, & que le Royd’Espagne luy devoit cinq millions d’or: ce qui l’embarassoitj&l’obligcoità songer à luy, L'Abbé luy répondit, qu’il demandait une résolution - C?v ondes paroles. Qtsil ne íçavoitpas ce quel’armée navale devoit entre-prendre; mais qu’il vòuloit bien luy déclarer, qu’en quelque lieu qu’ellcpristport»elIe traitteroitenennemis tous ceux qui auroient directement©u indirectement secouru les ennemis du Roy.

Jedonnerayun exemple dc ce que je viens de dire des festins & desdivertissements. Apres la mort de Henry Roy de Portugal, le Pape Gré-goire XIII. envoya en Espagne le Cardinal Riarto, en qualité de Légat.Le Comte deSastago, Viceroy d’Arragon, luy fit si grand chere» dés qu’ilentra dans son gouvernement, que le Cardinal luy fit confidence du secretZe la Légation. L’intention du Papeestoit de s’eriger en juge, & de pro-noncer sur le Oi oit des Princes qui pretendoient à la Couronne de Portu-gal. Le Comte en donna advis au Roy, qui de son costê donna ordre,qu’onluy fist entrée folemnelle en toutes les villes de son passage, où on fittant de préparatifs, tant de festins, tant de com bats de taureaux, & on luydonna tant d’autres divertissements, que le Roy eut le loisir d’entrcr enPortugal» & depoufler ses conquestes, devant que le Cardinal le pustjoindre.

Au commencement dePaniéóo.deux Ambassadeurs d’uncdesCou-xonnes du Non estant en Hollande, pourtascher d’obliger les ProvincesUnies à se déclarer pour les intereftsduRoylem Maistre,ailerent à Am-sterdam , a fin de disposer le Magistrat de cette ville là à favoriser leurspretensions dans Tassemblée des Estât s de la Province. On les receutfort bien, ou leur fit des festins, on les défraya, on leur donna la Comedie,& plusieurs autres divertiílèments, & pour le fait de leur negotiation, onJes renvoya avec des asseurances fort generales de îa bonne intention duMagistrat : mais ils furent fort peu satisfaits du traitcé qui se fit en finte,

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