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Seconde partie.
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L’Ambassadeur et

Oa a un exemple plus moderne auDucd'Ossime, ViceroydeNa-ples. CeSeigneur; qui avoit beaucoup d’esprit, 8c encore plus d’ambition,taschoit de se faire R.oy de Naples, 8c pour cet effet il-entretenait des in-telligences à la Cour de France, parle moyen duMareschal de Lesdiguie-rcs, & avec le Duc de Savoye. De Veyne, gentilhomme de Dauifinc,qui estoit le courretier de ce commerce, avoir ordre de s’adresser pourcette affaire à Deageant, qui avoir beaucoup de crédita la Cour en cetemps là; mais le Duc de Ruines, qui fous le nomdekavoryfaisoit les fon-ctions de Premier Ministre, estant devenu jaloux de De*geant , le'fit éloig-ner,& par ce moyen il ruina ce grand dessein la veille de l’exccution. LeDuc d’Ossune ne le pouvant plus executer de son costé, & se voulant justi-fier auprésdes Ministres d’Espagne, qui n’estoient que trop persuadés deson intention , fit cacher deux Espagnols derrière une tapisserie de laChambre, où Veine luy devoir venir parler. Mais ce gentilhomme, quieu arrivanta Naples,fut adv^erty qu’il n'y trouveroit plus les dispositionsqu’il y avoit laissées, ne dit rien au Duc, qui pustfaire croire, que la Gourde Franceeust part à cette intrigue.

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Section VIL

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De U Liberté de parler. ,

L A liberté de parler est unedes premieres parties, & un des princi-paux droits de l'Ambassadeur : mais c’est en quoy il a ausiì le plus debesoin de saprudence. 11 n’y a rien qui le recommande tant, & quiluy soit si nécessaire que cette asseurance, avec laquelle il ose parler pourlesinterestsduPiinceson Maistre, & executer ses ordres, quelque fortsqu’ilssoyent: mais il y a grande disserence entre la liberté de parler Sc lapétulance: entre la repartie libre&fpirituellp,& entre le sarcasme offen-sant : entre deS plaintes légitimés & respectueuses, & entre des reprochésgrossiers, rustiques & impudents. L’Ambastàdeur est obligé d’executerles ordres de son Maistre, & ne peut s’cn dispenser; mais il le peut faired’une maniéré, qui adoucisse la dureté de son action, 8c qui justifie sa con-duite; encore qu’on n’approuve pas l’inrentiondeson Maistre. 11 doit de-meurer dans le respect, bien que son Prince luy.commande déporter desparoles, qui ne peuvent pas estre agréables. L’Ambassadeur, qui sort de ce

respect