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Seconde partie.
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no L'Ambassadeur et

tinuerà sa víure & à son fils, qui estoit son vassal & ion tributaire. Queson intention estoit, que le fils regnast aprés le pere, & qu’il s'en estoit bienexplique dans les lettres d’investture. Et de mtSoliman, pour faire eon-npistre qu’il confirmoit au fils la protectionqu’il avoir donnée au pere, hiyavoit envoyé une veste de brocard, une mastc d’armes, & d’autres présents»que les Turcs ont accoustumé de faire en de semblables occasions. Latkftrouvant l’aflaire en cet estât, lors qu’il arriva à Constantinople, dit avecune liberté Polonoisc, que C Empereur & Ferdinand son frere fi ressenti-ment dutort qu'onjeur faisoit, II en dit trop dans une Cour, o>ù on nedistingue point entre la violence & la Justice, & ou les Ministres ne peuventpas souffrir qu’on leur fasse des reproches. Le Premier Vizir disoìt, queLatki meritoit qu’on lefist mourir, & le fit mettre en prison; mais Soliman,qui aimoit les grands hommes,le remit bientost en liberté.

Le Pape Sixte K que la fortune avoit élevé de la derniere bassesse à lapremière dignité de la C brestienté, n’en estoit pas fi fort obligé à la fortu-ne qu'a son mérité, estant certain, que depuis quelques siécles le Siégé deRome n’avoit pas este remply d’un si grand personnage. II faisoit estât desesprits, où il reconnoissoic quelque chose d’extraordinaire, & bien qu’iln’eust pas sujet de les aimer, il ne laissoit pas de leur donner son estime. 11avoit tous jours quelque démeslé avec& fit forcir del’Estat dcl’Eglife ; mais il le fi t bientost revenir, parce qu’íl admiroit en iuycette grandeur d’ame.qui le met encore aujourdhuyau nombre des plusgrands Ministres qui ayent jarfjais esté. Il eut une forte contestation avec 'PieV. pour le Comte de Gayazze, que le Pape avoit fait mettre dans l’In-quisition. Le Roy Charles IX qui aimoit ce gentilhomme, ordonnaiPifani de le réclamer comme son sujet & son Officier, & de le faire mettreen liberté. Le Marquis, aprés en avoir parlé plusieurs fois auPape inuti-lement, luy dit enfin, qu tl luy donnait encore huit jours, (F que fi dans cetemps làilnemettoit le Comteenliberte > il firoitobligéde faire ce quint fe-roit pasagreableau Pape. Pifani ne se voyant pas plus avancé au bout dehuit jours, il dit auPape, que fi dans vingt quatre heures il ne mtttoit le Com-te en liberté.tl f or tir ou de Rome , 0 emmener oit t Ambassadeur ordinaire:Cequirofnproitlecommerce.quelaCour de Rome avoit avec la Francepour l’expedition des benefices. Le Pape, qui estoit intéressé, suivit leConseil des Cardinaux, qui furent d’advis qu’il rendist le prison-nier.

Lors qu’il y va de la gloire & del'interest du Prince, 5c que 1 Am-bassadeur a fes ordres de parler avec liberté, il les doit executer fans scrupu-le» parce qu’il n’y a plus rien à délibérer ny à marchander. Jaques Amiot y

Abbé