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Seconde partie.
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i^8| L’Ambassadeur et

»les Comptes. On dit qu’un jour un gentilhomme Angloîs sitrcmonstrerau Roy qu’il avoit un tresimportant advis à Juy donner; mais qu’ilfalloit, que fa Majesté l’aífeurast de fa protection particulicre;p;rce que lanscela fa vie ne feroitpas en feurcté. Apres qu’il eust pris fes précautionsnécessaires, il dit que plusieurs Seigneurs de fa Cour & de son Conseil ti-roient pension d'Efpagne, &qu‘il voit dequoy le vérifier. Le Roy luy ré-pondit,quille fçavoit bien, & en fit une raillerie. II y ajousta, qu’il vou-droit que le Roy d'Efpagne leur en donnast dix fois autant; parce qu’en fat-fant cette dépense inutile, iljWosecl'autant moins de moyens de luy fairela guerre. Les François qui prennent plaisir à publier le bien qu’ils fontautfi bien que les faveurs qu ils reçoivent, ont voulu faire croire, que lesMinistres de la Cour d'Angleterre n’estoient pas encore fort difficiles fur<c sujet il n’y a pas longtemps. La Reine Elisabeth nel’auroít point souf-fert. Henry IV. avoir donné l’Ordre de S. Michel à Nicolas Cltfford&cz.Antoine Sherley>ìc ause des services, qu'ils luy avoient rendus pendant laguerre. Ces deux gentilshommes estant de retour en Angleterre, la Rei-ne les fit mettre en prison, & leur commanda de renvoyer l’Ordre, &defaire oster leurs noms des registres. Elle difoit, que comme une femmechaste ne doit regarder que son mary, ainsi un sujet ne doit regarder autreSouverain que celuy que Dieu àestably fur Juy. Je ne veux pas, difoit elle,que mes brebis foyent marquées à une marque cstrangerc, ny qu’elles sui-vent le flageolet d’un berger estranger. La r J{etne CÌonjhne ne voulut paspermettre, que le Prince Palatin reccust l’Ordre de la jarrettiere, ny que leComte de Garde fe fist faire Prince de l’Empire. Ces deux Reines avoientraison d’empefcherleurs sujets de prendre des engagements avec des puis-sances estrangeres. Ils ne peuvent partager leur affection ny leur zele,qu’ils n’en dérobent autant à leur Souverain, qui en doit estre aussi jaloux,que le mary de 1 honneur de fa femme.

Ce fut bien une efpece decorruption, que l’ofsice que la Taillerie, Am-bassadeur de France, fit auprès de la Princesse d'Orange en l’an 1646. IIIuydit,qu’apréslamortdu Prince son mary, qui apparemment ne vivroitpa s longtemps, le Roy ne manqueroit pas dela protéger & del’appuyer.Que si devant la conclusion de la paix il fe pouvoit faire quelque chose pourles interdis de fa Maison, fa Majesté n’y cmployeroit pas feulement fesbons offices, mais aussi fes armes, s’il estoit besoin, pour luy faire obtenirtous les avantages possibles. 11 luy fit entendre que le Roy ne permet-troit point, que de Hollande l’inquietast, pour s’estre opposée à une paixqui separeroit les Provinces Unies desinterests de la France. On ordon-na uiefmes i/a Taillerie de luy confirmer l’offre qu’on avoit faite au Prince,