Ses Fonctions. Liv. ÌI. 147
passés,& qu'cn cet âge on ncleur devoit pas apprendre comment ils z votentàfairs leúfsdepefches. Que leur intention eftoitdc satisfaire la Reìriè&lePVciniét’ Mlnittf Ci qu’ifs y a voient réussi jusqués alors, & qli’ils efpér'oientyteustir enc&soà l’avenir, sans que pour cela ils eussent besoin de l’advisíd’autruy. Ils ne pouvoient pas faire leurs dépcschcs plus petites, pàrce rqu’ayant à rendre compte de tout ce qui se paísoit dans les négociations,qúìestoient d’une estendue fort vaste, & à répondre a tous les articles & a tou-tes lés raisons des lettres du C ardinahqui éstoient fort grandes, & bien sou-vent accompagnées de grands mémoires, ils estoient obligés de faire desréflexions fur les uns & furies autres. Et de fait les lettres de l'AmbassadeurnC peuvent pas estre trop prolixes, lors que I’estat des affaires,qu’il a à ne-gotier,l'y oblige. Les Plénipotentiaires de France avoientà negotieravecles Ministres del'Empereur, avec ceux d’Eípagne, avec ceux de Stiede, deBavière, & avec ceux de presque tous les Princes d'Allemagne & d’Itàlie;sansceuxdes Provinces Unies. Us avoient aussi à soustenir les interestsdePortugal & de Catalogne,où il fe rcncontroir dés difficultés & des opposi-tious invincibles; de forte qu’rlleurestoit impossible de faire de petites dé-pefches. Quoyqu’on vueille dire, leurs lettres, quelque longues qu’ellessoyent, n’ennuyent point,& sont bien plus agréables que celles de quelquesautres, qui ne laissent pas de passer pour de grands hommes, quoy que leurslettres ne soyerit remplies que de bagatelles & de fadaises, plus capablesd’occupcr quelques pages d’un dictionnaire,que f esprit d’une personne rai-sonnable.II n’y a rien de si tuant que la longueur des uns.ny rien de-si impor-tun que la fausse éloquence des autres. Bastompierre, estant AmbassadeurExtraordinaire en Espagne en l'an i6r i. d,t en la lettre, qu'il eferit à M. déPuisieuxdu zj. Avril, qu'il veut demeurer das les réglés, que tous les Am-bassadeurs doivent observer, de faire une de’pefcbe fort sttcctnfte au Mini-stre,lors qu ils en font une bngue au Matstre.Mais cette réglé n’est pas gené-nerale: il faut s'accommoder en cela à l'bumeur du Prince &à l'autontédtiMinistre. Le R.oy,quc Bassompierre servoir.n’aitrioit pas à lire dclongueálettres,Le bien qu’il fust jaloux d’une autorité, qu’il ne conno'stoit pointsComme dit le Duc de Rohan.il aimoitmieuxqu’on luy sist rapport ducon-tenu des lettres,que de fe voir obligé ales lire.
Il n’est pas neceflàire que le stile de l’Ambassadeur soit fort poly.ìl suffitqu’il soit clair & intelligible;en sorte neantmoins qu’il ne foit.point défigurepar des folecifmes ou par des barbarismes. Encore aimérois jé mieux, qu’ilncùstpasunedernierenetteté.quedelc voircohtraint & affecté. Une né-gligence deCa valier vient bien mieux à l’Ambassadeur que l’affectation d’ìjnpédant ou un advocat.PourvCu qu’il ait tant soit peu de capacité & (Thabi-’ 'Ta ‘ ' ' 'tfldè