,148- L’Ambassadeub. et
tudeàesc'rírc>iln’aura point depeineàbícn exprimer tes sentiments, aprèsles avoir bien conceus & digérés en son esprit; en sorte que s’il s’entendbien luymesme, il se rendra bien intelligible aux autres, Afin qu’il lepuiíTefaire avecordre.ilpourradéchargersamemoiresurim Agenda, 011 simdestablettes, d’ou ii pourra prendre, & arranger fur la papier ce qu'il a à escrire,tant touchant ses affaires gencrales,que pour celles de fa commission : prin-cipalement lors qu’au sortir d’uneaudianceoud’une conférence,il a ja mé-moire encore remplie de ce qui s’y est dit Lc passé. Le Président^eannindit dans une de ses lettres, qu’il esemoit de jour à autre ce qui se passim, &lefaisoit mettre en chiffre, pour l’envoyer à l’instant, si l’occasion se su stprésent■■■e. Que par ce moyen sa lettre s’estoit grossie; n’ayant rien pu ob-mettrede eequi meritoitd’estrceserit. II doit sçavoirà qui il peut con-fìerseseCret,&juger, s’il le doit escrire tout de sa main, ou s’íl se peut faire' passer par celle de son Secretaire, qui comme j'ay dit ailleurs, est une desplus importantes pieces de l’Ambassade: Ce qu’il faut escrire au Princeme sine» & ce qu’il faut réserver pour 1 e Secretaire d’Estat, oupour tel autreMinistre, à qui d a ordre d’adresser ses dépesches. C’està luy à juger enco-re cequ’il doit escrire en chiffre, & quand l’importance de l’affaire l’oblige« expédier un exprès. Sur toutes ces choses il n’y a point de réglés à don-ner, parce que c’est à l’Arnbastàdeur, qui peut seul juger de l’importance dei’affairc, &dela curiosité ou de l’interestdeson Prince, à s’en consulter luyme sine. Louis XI. qwiestablit lc premier ses postes en France, vouloirtoutsçavoir,&e» estremformé 1e premier. 11 y a des rencontres, où onne doit point plaindre la dépense d’un courrier extraordinaire; parce quebien souvent les moments d’un premier advis ne se peuvent pas trop payer:veu que dans un accident surprenant ils peuvent donner de tresgrandsavantages, ouapporter des préjudices irréparables. En quoy l’Ambassa-deurnedoit point distinguer cntreles bonnes & ses mauvaises nouvelles tau co n traire il doit estre d’autnnt plus prest d’eserire ses mauvaises, lors quefonMaistre y est intéressé, qu’1111 advis donné à propos est de la derniereimportance, à cause des fuites que ses mauvais succès peuvent avoir. Iln’dst pas nécessaire, cerne semble, d’ajouster à cecy, qu’en ces cas l’Am-bassadeur doit avoir la prudence de sai e passer ses lettres par les mains d’unMinistre, qui ayant du crédit auprès de Prince, puisse preparer son esprit àrecevoir un fascheuz advis, & luy representer 1 e service, que son Ambassa-deur luy fait, ente luy donnani; parce qu’il luy donne 1e moyen 8t 1e loisirde réparer lc passé, & de prevenir ce qui pourroit estre inévitable fansCela.
Cc n’est pas icy l’endroit, où il faut traîtres des chiffres, parce quil fau-
droit