iq8 L’Ambassadeur. et
de.Brandefyourg: d’abordpqurJaProvinceçntiere,& ensuite pour.lepatvtage* & finalçraentpour la récompense qu’op donneroit d l’Eiectpur. LesSuédois vòiílòient, qu’on le récompensait en Eveschés, & qu’on y joi-^gnist les Duchés dejaguerndorf, de Sagan & de GlogauenSi'lesie. LèsMinistres d’Espagne exhortoicnt I’Electcur de tenir bon, & de ne pointcéder la Pomeranie. lis luy íaifoient cspererles secours des R oys de Po-.Iogne &de Dannemarc,&i!sluy promertoient toutes les forces du Roy,leur Maistre, pendant qu’elles ne pou voient pasempefeher, que les Fran-çoisnefissentdegrandsprogíésauxPaïs.bas, dont la conservation estoijtde plus grande importance au Roy d’Espagne,que celle de la Pomeranie nel’estoità l’Electeur.
Llntention de l’Espngne estoit d'obligerl’Elccteur à se déclarer pourla Maison d’Austriche; niais de la façon que son Conseil estoit constitué ence temps!à, il ne pouvoit faire du bien à ses amis, ny du mal à fes ennemis;mais bien à luy mesme, en donnant à la Suede un pretexte plausible de ledépouiller de toute la Pomeranie, & en robligeant à le frustrer de conte la- re'òompenfe, qu’elle luy vouloit faire donner d’aillcurs. La France acque-roitun avantageincomparable, en se faisant accorder l’Alsace, Sc deux im-portantes places sor le B hin; par ce qu’ellcs’asicuroit par ce moyen de laLorraine: Brisach luy íervoit deligne de communication avec l’JElecteurdeBaviere, &Philipsbourg tenoit en bride les quatre Electeurs du Rhin.
L’Empereur, considérant que ces satisfactions démembroient l’Em-pire, jusques à le défigurer, & que la parfaite Union, entre les Couronnesde France & de Suede, luy ostou toute l’csperance de pouvoir sortir de laguerre avec avantagé, taschoit de séparer leúrs interdis, & de gagner parti-culierement laSuede. II luyfite perer, qu’on luy donneroituneplusgran-dë satisfaction, qu’ellc ne pouvoit legítimement prétendre, si elle vouloit sejoindre a ceux quis’oppoíeroicntaux demandes de la France, que les Mi-nistres de l'Empcrcut disoieut eslre si exorbitantes, qu’elies dévoient mes-sines estre suspectes auxSucdois. LeComte dcTraurmansclorf, qui ma-'qioit particulièrement cette intrigue, y atiroit rcíi/îi, s’d eust Iceu faire sotiprofit des conjonctures, qui luy estoicnt fort favorables. Oxenstirn, l’undes Plénipotentiaires de Suede, n’avoit pas beaucoup d’astcction pour jaFrance, nòn plus que le Chancelier son pei e, & on luy offrit des conditionssi avantageuses > qti’ÍI croyoir ne les pouvoir refuser, sans préjudice de iaCouronne de Suedë': rnaisleComteTrautmansdorf en perdit l'occasionmalà^propos, rendant par son obcïssance imprudente, précipitée, &véritablement aveugle, les interests & les Conseils des deux Couronnesinséparables. Neantmoi’ns toute la fermeté des Plénipotentiaires des• ■ ' “ ' . ' alliés