Ses Fonctions. Liv. II. nç
bas. Ma» c’est àquoy il y avoit d’autant moins «fapparencc, que lesFrançois jugcoient bien eux mesmes, qu’íl seurferoit impossible de con-server la Catalogne, oùilsnesefaisoientpas plus aimer que les Espagnols,
& il n'y avoit rien qui les obligeait à protegerles Portugais, si non le des-sein, que le Cardinal avoit, & eut mesmes aprés la paix des Pirenées, d’ysukciter une nouvelle guerre à l'Espagne. D’ailleurs les mesures, que le
Comte de Pegnaranda prit avec lesHollandois, en les faisant consentir àune paix particulière, rompit celles du Cardinal. Le Comte, qui estoitun Ministre fans expérience & fansgenie, s’estoit persuadé, que l’Espàg-ne, en faisant la paix avec les Provinces Unies, pourroit opposer des forceségales à la France, lors que celles des Pais-basneíêroientplus diverties parles Hollaudois, & il se flattoit tousjours del’esperanced’une grande révo-lution, dont il croyoit la France estre infalliblement menacée. 11 n'yavoit point) de diligence, que les Ministres des deux Couronnes ue fissent,& il n’y avoitpointd’artificequ’iis nemployaílènt, pour se conserver, oupour s’acquerirl’amitié de cette République. Mais les Hollandois, quine pouvoient souffrir la maniéré impérieuse des Ministres de France,& quidans l’apprehensiondu voisinage d’un puissant Monarque, & d’unenationbelliqueuse Sc inquiété, n’estoient pas moins sensibles aux progrès, que lesarmes de France continuoient de faire en Flandres, que les Espagnolsmesmes, presterent volontiers l’oreillc à un accommodement particulier.Ils s’imaginoientque la France, quin’avoit déclaré la guerre à l’Espagneque pour ì’ amour d’eux, aimeroit bien mieux faire la paix, que de continuerde faire la guerre feule dans un pais, où chaque place cousteroit pour lemoins une campagne: & que par ce moyen il y auroit tousjours une fortebarrière entre les frontières de France & les Provinces Unies. Eux-auífibien que les Espagnols ont eu le loisir de fe détromper, & de connoistre».que les forces du Royaume de France peuvent estre opposées à celles detout le reste de l’Europe, fous un auífi grand Prince que celuy qui y régnéprésentement. Le Cardinal, pour ne se point charger de la haine de tourela Chtcstienté» qui soupiroit aprés la paix, vouloit faire croire, qu’il la sou-haittoit avec passion.
Les Plénipotentiaires de France jugeoient, que le Roy, leur Maistresedevoitcontenter, si onluylaisibitleComté de Roussillon, avec la villede Roses: tout l’Artois, y compris Aire & S. Orner, Gravelines, Bour-bourg, Thionville, Cambray & leCambresis, & que moyennant celail pouvoit abandonner la Catalogne, comme une Province de tresdifSciîegarde, & mesmes restituer Damvillers, Landrechies, & quelques
autres