zï4 L’Ambassadeur et
mettre dune Couronne estrangere, doint il ne pouvoit 'prendre que desasseurances fort incertaines. II sçavoit que 1’Etnpereur ne se pouvoit per-dre» nyi'Empíre se dissiper, qu’îlnecourust lamesmefortune avec eux.Son intention estoit de se faire considérer également à Vienne & à Paris, Scde se mettre en estât, où il pourroit donner lepanchant au party, pour le-quel il se declareroit. Ainsi en concluant une suspension d’armes avec laFrance, il voulut se réserver la liberté de secourir l’Empereur contre la Sue-de. EtdautautquelaFrancenevouloitny ne pouvoit y consentir, il rom-pit aussitost la trêve, & ne renoua la negotiatíon avec la France, qu’aprésqustícluyci l’eust asseuré, que les Suédois se joindroient à elle, pour luy fai-re, obtenir tous les avantages qu’il pourroit esperer pour sa Maison, Scqu’on tascheroit de contenter l’ElecteurPalatin bailleurs.
La France avoit une tresgrand avantage au Congrès ; parce qu’elley estoit également considérée & respectée par les Protestants & par lesCatholiques. Ceux cy avoient tousjours esté partisans affectionnés dela Maison d'Austrichc, & ennemis des François, qui estoient ceux quiavoient fait armer la Suede contre l’Empirc, & qui estoient la véritablecause des malheurs, dont l’Allemagne sc trou voit affligée depuis tantd’an-nées: neantmoins dans la hainequ’ils avoient pourlesProtcstants, qui envoûtaient àIcurReligion& à leurs benefices,ils desiroient qu’on donnastsatisfaction à la France; parce qu’ils esperoient en estre protégés. LesProtestants, de l’autrecosté, ne se promettoient rien de bon de la liaison,q ue la France alloit faire avec les Catholiques, contre les anciennes maxi-mes de cette Couronne, & auroient biensouhaitté, que toute la satisfa-ction eust esté pour la Suede : mais ils craignoient de le témoigner ; parcequ'il^av oient esté si mal tvaittés parla Maison d’Austiiche, qu’ils avoientbeloià d'une puissante protection contre elle. Les Espagnols prestoient lesMinistres del'Empercur d'accorderriuxProtestants tout ce qu’ils deman-doicnt,§t si Trautmansdorfcut eu le pouvoir, où a fiés de résolution pourle faire, il auroit bien embarassé la politique du Cardinal Mazzarin, & celledes Ministres, qui agisl’oient fous scs ordres.
Les différents des deux Couronnes dc France & d’Efpagne n’estoi-entpas si faciles à ajuster,. Le Portugal, la Catalogne, la Lorraine, Casaiy faifoient de grands obstacles; mais le plus grand estoit le peu d’inclina-tion du Cardinal Mazzarin, qui nc pouvoir pas consentir aune paix, si ellen’unissioitles Provinces de Flandres à la Couronne de France. Ils'estoitimaginé, queTEspagHC, pour recouvrer la Catalogne, A pour faire aban-donner le Portugal, u-e feroit point de difficulté d’abandonnerles Païs-
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