Ses Fonctions. Liv. II. zi 7
R oys, & celuy de Portugal non feulement n'avait rien fait pour la Francedepuis ion advenement à la Couronne, mais ìnefmcs il n’avoit seeu faireson profit des puisantes diversions, que la France avoir faites aux armesd’EÍpage, jusques dans l’Efpagnc rnefme. Les Hollandois, qui avoientsujet de n’estrepoint satisfaits des Portugais, àcaufedccc qui s’estoitpasleau Brésil, fejoignoient aux Espagnols contre eux; de forte que les Pléni-potentiaires de France avoient à combattre, non seulement l’invincible rc-sistancedeccux cy, qui estoient leurs ennemis, mais aussi le mécontente-ment de ceux là, qu'estoient leurs amis, & qui ne pouvaient souffrir qu'onparlastpour les Portugais; parce que les Espagnols leur faisaient esperer,que par le moyen du traitté particulier, qu’on negotioit avec eux, ils ren-'treroient facilement en la possession du Brésil.
Le Cardinal, qui faifóittous ces embaras, qui s’y plaisent, & qui ytrouvait son compte, s'en voulut justifier neantmoins, & pour faire croire,que son intention & son interest l’obligeoient à faire la paix, il consentit,que pendant quelque temps les Plénipotentiaires des Provinces Unies fis-sent l’office de Médiateurs entre la France & l’Efpagne: mais comme 11avoit toute autre veiie, on y fie naistre tous les jours tant de nouvel les diffi-cultés, que les Hollandois, voyant qu'on se moquait deux, abandonnèrentia prétendue médiation comme une chose desesperée & ridicule. Le Car-dinal vouloitcependant,quetoutle monde crust, que la paix n’estoitpasfeulement fan inclination, mais aussi son interest, & il en paiioit si souvent,& avec de si fortes expressions, qu’il eftoit presque persuade luy meíme,qu’ildesiroitunechofe qui estoit son aversion, & qu’il ne pouvait désiréepour plusieurs considérations, que ne peuvent pas ignorer ceux qui ont uneconnaissance particulière des affaires de ce temps là. Ceux qui ont crû,que Servienfceust ses véritables intentions, se font trompés. 11 en fçavoitplus que ces Collègues; mais il ne pouvoit pas fe vanter d’avoir la confiden-ce du Cardinal, qui n’enfaisoit avec personne: non pas avec luy rnefme:particulièrement pour leschoses dont il vouloit ménager le secru, ou dontil luy importait de déguiser la vérité: tant il estoit dissimulé, ou pour 1 cmieux exprimer en Italien, Cupo, avec ses plus confidents amis. II fçavoitqu'il ne se pouvait rendre tout à fait impénétrable aux perçantes lumièresde Servien. M. Colbert le servait dans les plus importantes interests.Ondedei avoit quelque pouvoir fur luy, & le Cardinal ne se pouvoit en-tierement cacher à Lionne, &àl'AbbéBcntivogIio, qui avoient grande,paK aux affaires d'Italie , où il Rappliquait plus qu’a celles de France ímais de tous ceux là il n’y en avoit, pas un pour qui il n’eust quelque réser-vé; tellement que ce qu’on a'fçcu de ses-intentions, ce n a esté que par.. //. Part. Ee des