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L’A MB AS S A DE U R. ET?
des conjectures» qui ne trompent pas tousjours ceux qui ont quelqúehabilité. Un jour, en sVntretenant ailes longtemps avec le Ministred’undes Premiers Princes d’AlIemagne, qui avoit ordre d’aller trouverIon Maistre, illuydit, qu’il sçavoit bien, qu’on y parloir de former untiers párty entre les Electeurs de Saxe & Brandebourg , & la Maison deBrunfiiic & Lunebourg > qui obligeroit l’Empereur & les Couronnes àfaire la paix dans l’Empire ; mais qu’fl ne'doutoit point, que tous cesPrinces ne fussent bien persuadés, quela France la vouloir, & pour luyen son particluier, quec’cstoit sa passion. Que les estrangers pouvoi-ent bien croire, qu’il estoit mesebant, mais qu’il esperoit, qu’ils n’a-Voient pas aisés mauvaise opinion de luy, pour croire, qu’il fust fou ouf enragé. Qu’il falloir qu’il fust quelque chose depiusquecela, s’il pre-^feroit les inquiétudes & le chagrin, que l’incommodité des finances duRoy luy donnoit, pendant quela guerre les épuisoit toutes, au repos& àla satisfaction , qu’il trouveroit dans l’abondance, quela paix appor-teroit au Royaume. G’est ce qu’il vouloir, que tous les Ministres«ítrangers crussent: &neantmoins il est certain, que ce ne fut qu’avecune derniere répugnance qu’il consentit à la paix, qui se conclut depuisaux Pitenécs unze ans aprés le Congrès de \VestphaIie ; dans un temps,où laconquestc entiere desPais-bas estoit bien plus apparente, que lorsqu’on negotioit à Munster. Le Royaume jouissait d’un profond reposau dedans, & au dehors d’une prospérité, qui faisoit respecter & crain-dre sa puissance: maislaReincvouloitconserver au Roy son Frere ce quiluy restoit encore des Provinces de Flandres : elle vouloir se donner lasatisfaction de procurer la paix àla France, Lc sapins forte passion estoit,de voir le Roy, son fils, marié à l’Infante d’Espagne, sa nièce. LeCardinal s’y opposa d’abord avec chaleur, Screpresenta les avantages in-comparables , que la France pouvoir se promettre infalliblement de laguerre, & il ne íe rendit enfin qu’aux pressantes & réitérées instances dela Reine : mais avec tant de chagrin, qu’il ne craignit point de luy dire»qu’en entrant dans les sentiments de fa Majesté fur un point de cette im-portance dans un temps , où on ne pouvoir douter de la conqueste detoutes les Provinces de Flandres , il luy rendoit toutes les obi gâtions»qu’il luy avoir, quin’estoient ny petites ny en petit nombre. Cette ré-sistance , qu’il fitpendant une fuite dc tant d’années, & l’étroite liaisonqu’d prit avec l’usurpateur de la Couronne d’Angleterrc, acheverent dedétromper ceux, que le Cardinal avoit pû duper de la sincérité de ses in-tentions au sujet de la paix. Lé Duc dcLongueville ne s’y estoit pas lais-sé prendre; e’est pourqnoy voyant que Servien estoit seul i’homme du
Roy,