Ses Fonctions. Liv. II.j 259
devant qu’ilarrivastà Amboise, & sur cela il continua sbnvoyage jusquesau lieu dela Conscience, où le Premier Ministre d’Espa.gnc se rendit enmesmetemps, & avoua tour.ee que Pimente! avoit conclu à Paris. Et bienqu’onyfìst quelque altération à l’égard desinterésts du Prince de Coudé,cene futquedu consentement du Cardinal, qui avoit bien autant d’adrcsscque Don Louis, & bien autant de pouvoir dans fa Cour, mais Don Louis,cn faisant consentir le Cardinal au restabhssementdu Prince, & en exécu-tant punctuellement sa parole, fit connoistrc qu il ne manquoit point d’e-sprir,& qu’il avoit aisés de probité, pourfaire ratifier de bonne foy ce quiavoit esté arresté fur le pou voir de Pimente).
Au commencement de l'an 1646. quelques Seigneurs Napolitainsenvoyerentà Rome L'Abbé Latidatì, 6c firent déclarer au Marquis deFontenay-Mariieil, Ambassadeur de France, qu’ils ne veulo ent point deRoy estranger; mais que si la France se contentoit de voir la Couronne de-Naples arracher de destus la teste du Roy d’Espagne, pour la faire transfé-rer dans unedes premiers familles de ce Royaume là, ils y travailleroient,& elle en auroitle divertissement. L’AmbaíIadcur receut & approuva laproposition de l’Abbé; mais il luy dit, qu'il falloitque quelques uns de cesSeigneurs fe missent à la teste du peuple, qui s'estoit desja soulevé en plu-sieurs Provinces du Royaume, afin de le disposer à recevoir le Roy qwe laNoblesse leur donneroit. Les Seigneurs Napolitains répondirent, quel’Ambassadeur avoit raison: mais qu’il estoit juste aussi, quel’Ambassadeucleur promist , au nom du Roy, sonMaistre, par unepromesse desa main,que si pat malheur leur bonnes intentions neproduisoient pasl’eftct, qu’ilsavoient sujet de s’en promettre, on les dédomm.igeroir, & qu’on leur don-neroit autant de revenu en France, qu’ils en perdoientá Naples, en fond deterre ou en benefices. L’Ambassadeur n'en fit point de difficulté du tout,& leur donna des obligations à tous : auxuns de dix, aux autres de douze ouquinze milleescus de revenu. L’Ambassadeur qui v.’avoit point d’ordrc nydc pouvoir d’obligcr !e Roy, ne leur donna en ester qu une fucillc de papierblanc. II n’obligeoit point le Roy, 8c n'obligeoit pas fa propre personnenon plus, parce qu’il ne passoit les obligations qu’au nom du Roy, qui neluy avoit point donné d’ordre, 6c ne promettant rien en son p rrticuher. LesSeigneurs Napolitains mefines ne pou voient pas s’en plaindre; parce qu’ilsíçavoicnt, ou ils dévoient sçavoir, que l’Ambasladeur n’avoit point de pro-curation, qu’il seroit désavoué, & que son Almstrene ratifietoit point ce quiavoit esté fait fans son ordre. ;
En ï’a.ai6^^..LeonardTor/befj/o»,Leg2t Plénipotentiaire de la Couronne
K k 2 de Sue-