Ses Fonctions. Liv. II. L75
Ce Ministre estant íurlepointde partir, presenta le 7. Aoust un mémoire,oùildifoit, qu’estant,obbgé,enaniyantàIaÇour, d'y fairerapport de l'e-stat, où il avoir laissé les affaires de ces Provinces, il Iuy importoit de sçavoirquelle réponse il pourroit faire au Roy & à laReine Regente, lors qu’ils Iuydemanderoient,comme iIsferoient,sansdoute, cequiestoitdes véritablesintentions des Estats, après lesbruits qui couroient de raccommodementqu’ils faisoient avec les Espagnols, contre la foy des traittés, qu'ils avoientavec la France. On iuy fit une réponse plus satisfaisante en apparence,qu'ellenel’estoit en effet, Sc laTuillerie.qui sçavoit son Mestier mieux quehomme du monde, fit mine d'y acquiescer, &d’estre fort satisfait, puis qu’ilpouvoit asseurer le Roy de la sincérité des intentions des Estats: quoyqu’ilenfust si peu persuadé, que son voyage ne servit principalement, qu’aachever de détromper la Cour de France de la bonne opinion, qn'elle enpouvoit encore avoir.
En Tan 1671. Pierre de Groot, Ambastàdeur des Provinces Unies ehFrance, avoit dans fort peu de temps fait de si bonnes habitudes en cetteCour là, qu’il estoit fort ponctuellement adverty des résolutions, qui s'yprenoient contre I’Estat de ses Maistres. 11 les en advertissoit continuelle-ment, mais n'osant.&nepouvanttoutescrire, Sc voyant d ailleurs q^je seslettres ne faisoient pas l’impression qu’ellesdevoientfaire, il pria qu’on Iuypermist de faire un voyage en Hollande, afin qu’il y pust faire un rapportpertinent de la véritable constitution des affaires, & des intentions de laFrance. On le Iuy permit, & jesçais,qu’il fit un rapport, qui est pû mettreles Provinces Unies àeouvert des insultes, qu'on leur vint faire l’annéefui-vante jusques dans le cœur de leur Estât, files divisions au sujet del’cmplbydu Prince d’Orange, &le préjugé de quelques uns,qui ne fc pou voient per-suader, que l’Angleterrefust capable de rompre avec les Provinces, n’eus-sent corrompu l’effet des bons Sc salutaires advis de ce Ministre. Mais ences rencontres l'Ambassadeur ne doit ny ne peut abandonner son poste,sansordre,ou du môitas fans la permission de son Maistre.
La relation, que Lazare Mocenigo a faite de la Cour du Duc d’Urbih,& celle que Hicróme Lippomano a faite de la Cour du Duc deSavoyc sohttrcsbelles& fort particulières, aussi bien que celle que le Chevalier Corna -ro a faite delaCour de Rome, telle qu’elleestoit du temps d’AIexand - c VII.11 seroit àsouhaitter,que tous les Ambassadeurs suivissent l’exemple de ceuxde Venise; parce que ce seroit un des meilleurs services qu'ils pourroientrendreà leurs Successeurs, aussi bien qu’à leurs Princes. Les remarques quele Chevalier Temple a faites de l’Estat des Provinces Unies, seront inimi-tables- quand il y aura mis la derniere main, dont elles ont d’autant plus de
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