xvlij Discours
damner, lui cìisoient-ils, comme’un enfant',fans rien dire & fans inftruire le Public dequoi il efl question ? II composa donc un Ecritdont il fit lecture à ces Messieurs. Ceux-ci nedonnant aucun signe d’approbation , il leur ditavec franchise : Je vois bien que vous ne trou -ve{ pas cet Ecrit bon , & je crois que vousave{ raison. Puis il dit à M. Pascal: Maisvous qui êtes jeune, vous devrie\ faire quelquechose. "M. Pascal qui n’avoit encore presque riendcrit, Sc qui ne connoiífoit pas combien il étoitcapable de réussir dans ces sortes d’ouvrages,dit qu’il concevoit à la vérité comment on p<>u-voit faire le dont il s’agissoit > mais que
tout ce qu’il pouvoir promettre , étoit d’enébaucher un projet, en attendant qu^’Lretrou-vât quelqu’un qui pût le polir Sc le mettre enétat de psroître. Le lendemain il voulut tra-vailler au projet qu’il avoir promis: mais nulieu d’une ébauche, il sit une Lettre , qui est laprenvere de celles que nous avons : il la lut àla compagnie. M. Arnauld dit auisi-tot : Celaest excellent', cela fera %oúté; il faut V.ìmprl-mer. Tous étant du même avis, on le sit. CetteLettre est datée du 23 Janvier 1656.
Le succès fut tel qu’on pouvoir le desirer :cette Lettre fut lue par les savants Sc par lèsignorants , &. produisit dans l’esprit de tousl’effet qu’on en attendoit. Elle eut encore unautre effet auquel on n’avoit point peníé : eLesit connoître combien le genre d’écrire queM. Pascal avoit choisi étoit propre pour appli-quer !e monde à cette dispute. On vit qu’ilforçoit en quelque sorte les plus insensibles &les plus indifférents à s’y intéresser ; qu’il lesre-muoit; qu’il les gagnoit par lç plai£r ; Sc que ,fans avoir pour nu de leur donner un vain di-vertissement, il les conduisoit agréablement àh connaissance de la vérité,