Ço , Quatrième Lettre.
Áprèscela , mon Pere , direz-vou$ encor#qu’Aristote Toit de votre opinion ? ôc qui nes’étonnerade voir qu’un Philosophe Payen aitété plus éclairé que vos Docteurs , en une ma-tière austì intoor-ante à toute la Morale 6 c à hconduite mème des am-s, qu’est la connoissancedes conditions qui rendent les actions volontai-res ou involMitaires, & qui ensuite les excusentOu ne les excusent pas de péché? N’espéreïdonc plus rien, mon Pere » de ce Prince des Phi-losophes , & ne résistez plus auPrince des Théo-logiens, qui décide ainsi ce point,aul. i. de sesRetr c. 15. Ceux qui pêchent par ignorance,ne font leur action que parce qu 1 ils la veulentfaire , quoiqu* Us pêchent fans qu’ilsveuillentpé*cher, Et ain ft ce péché mime d’ignorance ne peutêtre commis que par la volonté de celui qui leCommet , mais par une volonté qui fe porte àVaclion , & non au pêché ; ce qui n* empêche pas ,néanmoins , que V action ne soit péché% parce qu'ilsuffit pour cela , qui on ait sait ce qu* on étaitobligé de ne point faire.
Le Pere me parut surpris, & plus encore dupassage d’Aristote , que de celui de S. Augustin.Mais comme il pensoit à ce qu’il devoit dire, onvint Pavertir que Madame la Maréchale de....& Madame la Marquise de.... ïedemandoîent.Et ainsi , en nons quittant à la hâte : J*en par-lerai , dit-il à nos Peres : ils y trouveront bienquelque réponse : nous en avons ici de bien sub-tils. Nous Pentendîmes bien ; & quand je fusseul avec mon ami , je lui témoignai d’êtreétonné du renversement que cette doctrine ap«portoit dans la Morale. A quoi il me répondit;qu’il étoit bien étonné de mon étonnement. Nefavez-vous donc pas encore que leurs excesfont beaucoup plus grands dans la Morale quèdausles autres matières? Ilm’en donna d'étran-ges exemples, Ôt remit le reste à une autre
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