54 Cinquième Lettre.
ïl^ment pieux , cherchent une conduite plusfévere. Mais comme il n’y en a pas beaucoupde cette forte , ils n’ont pas besoin cìe beaucoupde direéleursséveres pour les conduire. Us enont peu pour peu ; au lieu que la foule des Ca-suistes relâches , s’offre à la foule de ceux quicherchent le relâchement.
C’est par cette conduite obligeante &accom+moâanUy comme l’appelle le P. Peteau > qu’ilstendent les bras à tout le monde. Car s’il feprésente à eux quelqu’un qui soit tout résolude rendre des biens mal acquis, ne craignezpas qu’ils Pen détournent: ils loueront, aucontraire , & confirmeront une fi sainte résolu-tion. Mais qu’il en vienne un autre qui veuilleavoir ^absolution sens restituer; la chose serabien difficile , s'ils n*en fournissent des moyensdci\t ils se rendront les garants.
Par-Ià ils conservent tous leurs amis , Sc fedéfendent contre tous leurs ennemis. Car si onieur reproche leur extrême relâchement , ilsproduisent incontinent au Public leurs direc-teur > austères , avec quelques livres qu'ils ontsoirs de la rigueur de la Loi Chrétienne; &lessimples, Lc ceux qui n'approfondissent pas plusavant les choses , fe contestent de ces preuves.
Ainsi Us en or.t pour toutes fortes de person-nes , &; répondent si bien selon ce qu’on leurdemande , que quand ils-se trouvent en des paysoù un Dieu crucifié passe pour folie, ils suppri-ment le scandale de la Croix , Sc ne prêchentque Jesus-Christ glorieux , Sc non pas Jésus-Christ souffrant ; comme ils ont fait dans lasIndes Sc dans la C.hine , où ils ont permis auxChrétiens l’idolâ trie me me, par cette subtile in-vention, de leur faire c. cher sous leurs habits,une image de Jesos-Chnst > à laquelle ils leurenseignent de rapporter mentalement les ado-ratiofls publiques qu'ils rendent à l’IdoleCaciíi-