5 S Cinquième Lettre.
Allez donc, je vous prie, voir ces bonsPerêt;A je m’affure que vous remarquerez, aisément,dans le reîâchementde leur Morale » îa cause deieur doctrine touchant la grâce. Vous y verrezles vertus chrétiennes, si inconnues & si dépour-vues de la charité , qui en est Pâme & la vie zvous y verrez tant de crimes palliés, ôc tant dedésordres soufferts, que vous ne trouverez plusétrange qu'ils soutiennent que tous les homme?ont toujours assez de grâce pour vivre dans lapiété, tíe la maniéré qu'ils Pentendent. Commeleur Morale est toute payenne » la nature suffitpour Pobserver. Quand nous soutenons la né-cessité de la grâce efficace , nous lui donnons<Pautres vertus pour objet. Ce n’est pas simple-ment pour guérir les vices par cPautres vices ;ce n'sst pas seulement pour faire pratiquer auxhommes les devoirs extérieurs de la Religion *c'est pour une vertu plus haute que celle desPharisiens &. des plus sages du Paganisme. Laloi & la raison sont des grâces suffisantes pources effets. Mais, pour dégager Pâme de Pamourdu monde, pour la retirer de ce qu’etlea daplus cher , pour la faire mourir à soi-même ,pour la porter ôí Pattacher uniquement & inva-riablement à Dieu, ce n'est Pouvrageque d’unemain toute-puissante. Et il estauffi peu raison-nable de prétendre que Pon en a toujours unplein pouvoir , qn’il le feroit de nier que cesvertus , destituées d’smour de Dieu » lesquellesces bons Peres confondent avec les vertusChrétiennes, ne sont pas en notre puissance*Voilà comment il me parla , Sc avec beau-coup de douleur; car il s'cffligesérìeusementdetous ces désordres. Pour moi ,j’estimai ces bonsPeres de Pexcellence de leur politique ; &jefus , selon son conseil, trouver un bon Casuìsterie la .Société. C'est une de mes anciennes con-noiíhmces , que je voulus renouvelles exprès,£ t tomme j’étpis instruit de la maniéré dont ij