5 8 Cinquième Lettre.
pas content? Non pas , tout-à-fair', lui dk-je:car je puis bien supporter !e jeune en faisantcollation le matin , &. soupant le soir. Voyezdonc la suite , me dit-iî ; ils ont pensé à tout.Et que dira-t-on ,fi on peut bien se pajfer d’unecollation lematin en soupant le soir ? Me voilà.On n 9 eft point encore obligé à jeûner. Car per -sonne n'est obligé à changer Vordre de ses re-pas. O la bonne raison , lui-dk-je î Mais , di-tes-moi , contimia-t-il, user-vous de beaucoupde vin ? Non mon Pere , lui dìs-je : je ne lepuis souffrir. Je vous disois cela , me répondit-ìî, pour vous avertirejue vousenpourriezboireîe matin, &: quand il vousplaìrok , sansrompreîejeûne ; 6 c cela soutient toujours. En voici ladécision , au même lieu , n. yj. ìreut-on , fansrompre U jeûne » boire d:t vin à telle heurequ 9 on voudra , 6■ même en grande quantité ?On le peut > & même de Vhypocras . Je ne mesouvenois pas de cet hypocras, dit-il ; il fautque je le mette fur mon recueil. Voilà unhonnête homme , lui dis-je., qu'Esçobar. Toutle monde l'aime , répondit le Pere. lì fait défijolies questions. Voyez celle-ci qui estaumêmeendroit, nu* n. q8. Sr un homme doute qu*il aievingt-un an , es-il obligé de jeûner ? Non.Mais fij’aì vingt-nnans cette nuit,à une heureaprèsminuit > & qu 9 il soit demain jeune, fer ai-jeobligé de jeûner demain ? Non. Car vous pour-r e[ manger autant qu 9 il vous plairoit, depuisminuit jusqu'à ur.eheure , puisque vous n 9 aurie*pas encore vingt-un ans : & ains , ayant droitde rompre le jeune > vous n 9 y êtes point obligé.O que^cela est divertissant, lui cìis-je ! On nepeut s’en tirer , me répondit-il ; je passe lesjours & les nuits à le lire ; je ne fais autrechose.
Le bon Pere voyant que j'y prenois plaisir »en fut ravi ' 3 & continuant ; yoyçz, dit-il» çn-