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Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
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i©2 Septième Lettre.malheureux sont ceux qui les offensent ? Envérité , mon Pere , iî vaudroit autant avoir af-faire à des gens qui n’ontpoint de religion, qu’àceux qui en font instruits jusqu’à cette direction.Car enfin , Pintention de celui qui blesse , nefoulage point celui qui est blesse. II ne s’apper-qoit point de cette direction secrette , & ilne sent que celle du coup qu’on lui porte. Etje ne fias même si on n’auroit pas moins dedépit de se voir tuer brutalement, par des gensemportés, que de se sentir poignarder conscien-cieusement par des gens dévots.

Tout de bon , mon Pere , je furs un peu sur-pris de tout ceci ; Sc ces questions du P. Lamy& de Caramoueî ne me plaisent point. Pourquoi,dit le Pere? êtes-vous Janséniste ? J’en ai uneautre raison, lui dis-je :c*est que j’écris de tempsen temps à un de mes amis de la campagne , ceque j’apprends des maximes de vos Peres : & *quoique je ne fasse que rapporter simplement 6cciter fidèlement leurs paroles, je ne fais » néan-moins , s’il ne se pourroit pas rencontrer quel-que esprit bizarre , qui, s’imaginant que celavous fait tort, n'en tirât, de vos principes »quelque méchante conclusion. Allez, me dit lePere , il ne vous en arrivera point de mal j j’endûs garant. Sachez que ce que nos Peres ont im-primés eux-mêmes, & avec l’approbation dsnos Supérieurs, n’est nî mauvais, ni dangereuxà publier.

Je vous écris donc fur la parole de ce bortPere ; ma/s le papier me manque toujours , &non pas les passages : car iî y en a tant d’autres,& de si forts, qu’il fauefroit des volumçs pourtout dkê. Je fuis, &c.

i?6. Paris a U 2 j Avril -